Féminisation : Le Prix De La Lingerie de Xavier Duvet

On a déjà évoqué Xavier Duvet pour Discipline : Maitresse Dominique.

En bref, 2 histoires de travestis sont au menu de ce volume. Le premier raconte l’histoire de Jean, un jeune homme qui se retrouve aux prises avec la propriétaire d’un magasin de lingerie. Et le second récit parle d’un couple dans lequel la femme transforme son mari en soubrette dévouée.

Le point commun des ces histoires est la domination totale de la femme. Se voulant basés sur des confessions véridiques, ces récits restent sidérants dans leur déroulement. A contre pied des clichés habituelles de la pornographie, les humiliations sont permanentes pour le personnage masculin qui se retrouve enfermé et contraint à rester dans sa peau féminine. Il y a peu de violences physiques, mais une pression psychologique féminine constante et une forme de résignation masculine.

A la lecture, on ressent une forme de fatalité. La sexualité présentée n’est pas désirée par les hommes, mais ils la subissent. Ils la désiraient quelque part, les femmes et les vêtements révélant leur penchant.

Le trait de Duvet en noir & blanc pour cette série reste bluffant. Les expressions de visage sont vraiment très réussies.

Les BDs de Xavier Duvet offrent quelque chose d’unique et d’extrême. Vous n’en sortirez pas indemne.

- Au petit matin, j’étais épuisé et mes draps étaient couverts de sperme. Et je savais désormais quel était mon rôle.

(Version lue Tabou Editions)

Discipline : Maitresse Dominique de Xavier Duvet

Xavier Duvet est un auteur sévissant depuis plus de 21 ans.

En bref, Maitresse Dominique raconte son parcours de jeune homme amoureux des dessous féminins jusqu’à son statut de Maîtresse.

Explorant une sexualité très peu mise en avant, Discipline dévoile le fétichisme des sous-vêtements féminins, le transgenre et les relations sadomasochistes. C’est un monde de sensations fortes, un monde où les hommes sont entièrement soumis à des femmes dominatrices.

Le parcours de Dominique commence à l’adolescence. On rentre vite dans le vif du sujet dès qu’il se met au service de celle qui deviendra sa mentor, maîtresse Claire. Celle-ci le forme et éduque son esprit et son corps.

Avec des planches réalisées à l’aérographe, ainsi qu’une construction de pages dynamique, Duvet a un vrai talent à nous faire rentrer dans cet univers. On reste dans le ton de confessions illustrées.

Hors la représentation graphique extrêmement détaillée, ce qui choque est la psychologie des personnages. L’emprise est totale. Comparée aux autres BDs traitant de SM, celle-ci reste largement du dessus du lot. On ne peut s’empêcher de s’interroger : quel rôle pourrais-je tenir? Pourrais-je vivre cette expérience? Ce qui est certain, c’est que c’est un sacerdoce, un style de vie de tous les instants.

Donc, la lecture ne laisse pas indemne, l’avertissement figurant sur la BD n’est pas pour faire joli.

- Je suis Sonia, ma cocotte, et je vais t’apprendre à ne plus penser avec ta bite… Mais avec ton cul !

(Version lue Tabou Editions)

Black Kiss de Howard Chaykin

Connu pour avoir dessiné Star Wars en Comics, Chaykin s’est vite détaché de l’adaptation de licence pour développer ses univers et personnages.

En bref, Dagmar, superbe blonde plantureuse, cherche à remettre la main sur une vidéo compromettante. Avec sa complice Beverly, star sur le déclin, elles vont être rejointes par Pollack, un saxophoniste en fuite.

Le scénario est digne d’un film “Noir”. Et la quantité de sang qui va couler reste dans le ton. Mais le personnage de Dagmar, sensuelle et troublante, intrigue de sous entendus, jusqu’à la révélation. Dagmar est en fait un transexuel “équipé” offrant son corps.

Les dialogues sont une perle rare et complètent le cadre cinématographique. Qualifier Black Kiss d’hybride entre Noir et pornographie n’est pas juste. C’est un récit Noir complètement adulte et moderne. On perçoit des sphères pas glorieuses avec règlements de compte et sexe sans tabous où la violence n’est jamais très loin.

On retient le personnage de Dagmar plus féminine et sexy que bon nombre de personnage féminin, ce genre de femmes qui attirent tous les regards et tous les désirs.

On y retrouve une folie qui rappelle Sin City de Franck Miller, un mal sourd et destructeur et tout le monde sait que l’issue sera lourde.

- Salut chou, c’est Dagmar. J’adorerais te sucer la queue. J’adorerais te parler aussi. Mais te prendre au téléphone, là, je peux pas. Parce que je montre à un petit veinard ce que 1m75 et 18 cm de vraie blonde en chaleur peuvent faire à un homme. 18 bons centimètres…

(Version lue Delcourt Erotix)

Casa Howhard 1+2 de Roberto Baldazzini

On a déjà parlé de Baldazzini, notamment pour Beba et déjà Casa HowHard.

En bref, 2 tomes ont été réunies pour cette réédition, donc 2 histoires. La première parle d’une soirée tombola hallucinante et la seconde d’un grand jeu concours type télé réalité encore plus fou.

Avec ces personnages féminins mais à sexe d’homme, Bladazzini sème toujours le trouble. Évidemment l’identité sexuelle non définie et l’ultra sexualité des “héroïnes” sont là pour interroger le lecteur sur ses attentes. Rien que la couverture (seul visuel disponible)  est là pour nous le prouver.

Mais il n’ya pas que ça. Le ton très sitcom emporte le lecteur dans un monde naïf qui correspond bien au trait, respectant la ligne claire. Donc ça amène des dialogues très légers quasi enfantins et une sexualité débridée qui fait un contraste parfois difficile.

Dans cet univers, les relations sont légères, mais on tombe amoureux, on se fiance, on en verse une petite larme tout en éjaculant. La police vient vous inspecter, mais vous lui rendez la pareille. La tante qui vous héberge vous surprend avec votre petite amie et vient participer au lieu d’être choquée.

Ce monde est fou, mais doucement et c’est toujours plus drôle avec plein d’amis.

Encore une fois, la lecture est recommandée, mais avec un gros avertissement. La légèreté affichée cache du lourd.

- Depuis que je me suis faite refaire la poitrine, j’ai des érections incessantes.

(Version lue DYNAMITE Editions)

Beba 2 : Red Domina de Robert Baldazzini

Baldazzini est un auteur à l’univers très particulier, comme j’ai pu le présenter précédemment avec Casa HowHard.

En bref, Beba est une créature étrange qu’on devrait qualifier de transexuelle, mais ici pas d’opération. Beba a des seins, mais aussi un pénis. C’est aussi le cas de Red Domina, sa partenaire devant la caméra. Beba est donc actrice porno pour des films de bondage et de domination. C’est une masochiste, prenant son pied sous les humiliations perverses de son acolyte.

L’univers de Baldazzini est perturbant. La sexualité complètement hors norme présentée est extrême, bien qu’adoucie par le trait fin et les couleurs  pastels. Il y a une vraie innocence et une perversité exubérante dans ces personnages. Les calculs de Beba pour percer dans le milieu, le bondage qu’on sent marquer et meurtrir les chairs, les hommes représentés avec une tête de cochon odieux, quasi-violeurs, et profitant de leur statut, mélangés au chuintement et à la bêtise de Red Domina détonnent !

Tout y passe. L’urologie, la scatologie sont les ultimes exercices qui finissent de sabrer la santé mentale du lecteur.

Baldazzini fait une sorte de compte rendu finalement glacial de la recherche de l’humiliation totale, voire de la négation du corps. On ne sort pas indemne d’une telle lecture.

- De ce jour, je devins membre à part entière de cette famille… Ils avaient compris qu’ils pouvaient faire de moi ce qu’ils voulaient… Leurs humiliations étaient une manne tombée du ciel…

(Version lue DYNAMITE Editions)

Casa HowHard 3+4 De Baldazzini

Roberto Baldazzini est un auteur italien contemporain qui connait un certain succès. En tout cas, aux vus des gens illustres qui lui font ses préfaces, il y a forcément de quoi attirer la curiosité. Si, ici, nous allons parler de Casa HowHard 3+4 préfacé par Jean-Pierre Dionnet, c’est tout simplement Moebius qui a assuré celle du 1er volume (1+2)  !

1er contact pour moi avec cet auteur. Et c’est en feuilletant que j’ai compris… Un choc visuel incroyable. Sous des graphismes simples et clairs, se cache une Bande Dessinée des plus troublantes.

En bref, nous avons droit à 2 histoires distinctes. La première traite d’une malade qui se soigne et la 2e est un récit d’aventures avec une Lara Croft très spéciale.

Mais quelle est cette particularité si mystérieuse qui fait le charme de Casa HowHard? Baldazzini couvre une sexualité unique que je n’avais jamais vue auparavant. Tous ces personnages sont des femmes, munis de seins, mais de pénis à la place de vagin. Elles ont un comportement presqu’enfantin, pas affirmé en tant qu’homme ou femme.

A partir de cela, les récits ont une toute autre saveur. La sensualité est partout, constante dans son monde. Ces créatures brunes à la sexualité permanente, innocente et très développée troublent beaucoup. Si on accepte l’univers, la scène de rêve de la 1ère histoire relève d’une scène à la Philip K. Dick où un personnage rêve de la réalité. Pour moi, c’est un moment époustouflant. La 2e histoire est plus “classique”. Mais faire de Lara Croft, qui est l’incarnation de la femme dans le Jeu Vidéo, une héroïne hermaphrodite renvoie à l’antagonisme du jeu lui même, une créature féminine manœuvrée par le joueur, masculin en général (Je sais, je généralise là, c’est mal).

Donc le travail de Baldazzini est loin d’être bête, couplé à son trait et ses couleurs, c’est un délice. En le lisant, c’est un moment rare et unique. Je ne peux que recommander la lecture (et en dénicher d’autres).

- Tu souffres d’un similipriapisme, doublé d’éjaculation précoce. Allons dans la chambre.

(Version lue Dynamite Editions)

Erma Jaguar d’Alex Varenne

Alex Varenne est un de ces auteurs qui a été publié par l’Echo Des Savanes, magazine culte qui nous a fait découvrir énormément d’albums.

Très difficile d’évoquer cette histoire sans déflorer son contenu, je mets donc une balise SPOILER.

En bref, Erma est une jeune femme blonde arpentant les rues dans sa jaguar. Une histoire en 3 volumes ou 3 fois la même histoire aussi. Certains personnages sont récurrents comme Charlotte, qui n’est autre que l’Amour d’Erma.

Le récit est confus et parfois abherrant, mais tout cela est volontaire. Malheureusement au terme des 3 volumes, le lecteur interpellé par l’oeuvre ne sait pas si l’auteur ne s’est pas juste foutu de lui. Ou bien Varenne a parfaitement maîtrisé son sujet. Entre scènes saphiques, voyeuses, mélangeant beaucoup de sexualités et le récit en lui même, on est bringuebalé dans un flot de fantaisies parfois lourdes, mais de rares moments font réaliser qu’il force des références : la femme dominatrice, manipulatrice et libérée, la violence des rapports avec les hommes, leur humiliation aussi. Et Erma n’est pas celle que l’on croit.

Difficile de déméler le paragraphe précédent, mais certaines choses ne peuvent êre révélées sans nuire totalement à la lecture.

Le trait est marqué par son époque et la filiation avec L’Echo est nette. Le coup de crayon est noir, marquant les ombres et les regards. On est loin d’être emballé par son dessin, très académique et sans grande originalité.

C’est vraiment dans le récit le point fort de cette intégrale, mais qui reste assez anecdotique somme toute. Trop de rêves tue le rêve.

“Espèce de jagouine, t’es malade du cul et de la tête!”

(Version lue Intégrale Drugtsore)