Les Larmes Du Sexe de Alex Varenne

Alex Varenne est un des maîtres de l’érotisme à la française. Il est l’auteur de Erma Jaguar.

En bref, sous une forme peu banale de textes illustrés et de récits courts, Varenne explore la femme en 3 chapitres : Les “zones anatomiques”, les “zones érogènes” et enfin les “zones terminales”.

En dressant rapidement des portraits de femme en un texte court et joliment tourné accompagné par des dessins classieux, le dessinateur s’exerce à une autre version de l’érotisme illustrée, qui fait appel aux fantasmes du lecteur. Il redevient plus “classique” dans ses histoires courtes, mais le mariage des deux fonctionne très bien.

Son trait est toujours plein de mystère avec ses ombres parfaitement maitrisées, les regards affolants et les courbes révélées. Ses femmes restent chics et belles quelque soient les circonstances.

Sur les 3 parties, la préférence va à la dernière qui finit par emporter les sens. Mais l’ensemble est très convaincant, mais très cérébral.

- Escalier de service, escalier des mes vices, prête à tous les sévices.

(Version lue Les Humanoïdes Associés disponible sur Averotix)

Gulliveriana de Milo Manara

Milo, Milo, Milo… Certainement l’auteur  le plus reconnu et le plus simple à trouver en librairie.

En bref, Manara adapte les “Voyages de Gulliver“. Sa belle héroïne ira en Liliput, au pays des Géants, celui des chevaux et enfin dans le château de Laputa, le château volant.

Si l’oeuvre originelle était une satire de la société anglaise du 18e siècle, il faut dire qu’il est plus difficile d’y voir la même chose pour notre époque tant l’esprit du lecteur est porté sur le corps de l’héroïne, divine et un peu niaise comme d’habitude.

Chacune des étapes du récit est marquée par des cènes phares. Elle éteint un incendie en urinant, les géants la voit comme une curiosité sexuelle, les chevaux essaient de la monter et à Laputa, les femmes s’ennuient et “jouent” entre elles de façon très SM. Et si le retour à la réalité est assez acide pour notre société, le tout reste assez facile.

La lecture est loin d’être ennuyeuse. On lit le tout en un quart d’heure, montre en main. Le meilleur moment, selon moi, reste Liliput parce que c’est ce qu’on a tous retenu du récit de base. Le détournement est charmant.

Je ne sais pas si Manara a voulu décrire notre société comme marquée par le sexe ou dont c’est la seule motivation. En tout cas, on ne peut qu’y penser devant ses planches savamment perverses. On ne s’en lasse pas.

- Arrête-toi ! Ne t’enfuis pas ! Je te ferai jouir comme une dingue !

(Version lue couleur Les Humanoïdes Associés Mai 1996)

Ziblyne et Bettie (Bois Willys) de Denis Sire

Denis Sire est un “petit gars” de St Nazaire, un détail qui va avoir un peu plus d’importance dans peu de temps. Il a, entre autre, débuté chez Métal Hurlant.

En bref, nous suivons l’histoire de Zibline et Betty, mais aussi de Sadico. Maintenant, c’est décrire l’univers. Attention, accrochez vous. Nous sommes dans une France alternative d’après guerre avec grosses bagnoles, sales “cops”, voyous, pin ups et … androïdes.

Rarement je n’ai vu un mélange aussi indigeste. J’oubliais de vous mentionner le finish à la Presqu’île de Guérande, si chère à l’auteur. C’est un sacré bordel où le lecteur ne se retrouve pas. Et c’est terriblement dommage, car ça ruine le dessin et l’intention de Sire.

Les corps lascifs des pin ups sont pulpeux et les poses sont très bien étudiées. Il suffit de voir la très belle scène d’habillage de Bettie par Ziblyne pour s’en convaincre. Sa représentation de Bettie Page est parfaite. Mais encore une fois la surenchère de n’importe quoi ruine le tout.

Une déception, donc. Et ça ne fait que confirmer que la BD érotique doit stimuler un minimum vos sens et votre imagination pour être efficace. Et comme pour d’autres “arts”, l’ultrastimulation mène à l’écoeurement et à l’overdose.

- Le voyeurisme ne vous mènera nulle part, Eugène…

(Version lue Les humanoïdes Associées 1992  - épuisé)

(des pages dans le désordre)