Linda Aime l’Art de Philippe Bertrand

Philippe Bertrand était un dessinateur français ayant collaboré notamment avec Charlie Hebdo.

En bref, en scénettes de quelques pages, Linda est dévoilée chez elle devant son vidéoscope, sorte d’écran-caméra.

Avec un dessin et une mise en page typique des années 80, on se trouve en présence d’un produit unique, mais extrêmement daté. Le propos est aseptisé, sexuel certes, mais extraordinairement statique et vide de passion. Aucune passion ou excitation dans ces pages ne transparait. Il y a bien des postures érotiques, des actes aussi, mais tout semble détaché.

Le propos doit être ailleurs. Malheureusement le dessin ne convainc pas. La construction des scènes est certes le plus intéressant. C’est sur ce point que le lecteur sera ravi ou perdu définitivement.

Beaucoup de thèmes sont utilisés, notamment le voyeurisme/exhibitionnisme du vidéoscope (canal Q est un clin d’oeil très appuyé à Canal +), mais aussi les jeux de rôles sexuels. Cependant, le tout manque cruellement de sueur et d’émotions.

"Linda Aime l’art" est intéressant pour les lecteurs cherchant à retourner dans les années folles des 80′s avec cette BD arty et snob.

- Un obsédé a trafiqué le téléphone d’intérieur de l’immeuble

- Linda est une salope… Linda est une salope… Linda…

(Version lue La Musardine)

Libido Blues de Marc Chalvin

Marc Chalvin est un illustrateur et un dessinateur français.

En bref, en un ou deux planches, Marc Chalvin dépeint des tranches de vie, des anecdotes et des billets d’humeur autour de la vie de couple et du sexe.

Une quarantaine de gags est au programme. Le dessin n’est pas des plus agréables, mais ce n’est pas le propos ici.

La fantaisie et l’univers de Chalvin sont ceux de tout à chacun et on se retrouvera tous dans ses planches. Oui, cet album vous procurera au moins quelques sourires et vous rappellera vos propres expériences.

Après ça reste un peu pénible et poussif. Il faut reconnaitre que si le propos est mature, il n’y a aucune perversion dans les cases, juste des clichés sur la vie sexuelle de tout adulte "moyen".

Le dessin pêche tout de même de trop et entrave le plaisir. On est souvent proche du blog BD amateur.

- Et quand il a vu que j’achetais des tampons, il n’a plus osé me regarder !!

(Version lue La Musardine)

Câlinée Sous X de Karo & Cornette

Karo est une dessinatrice française. On lui doit les dessins de l’adaption BD des "Osez" de la Musardine et "Arthur et Janet" avec Cornette au scénario.

En bref, Kyra est une jeune femme au corps longiligne, professeur de Taï Chi Chuan et peintre. On découvre son histoire sentimentale, ses amants et ses blessures.

Kyra a quelque chose d’enfantin et semble subir les assauts de ses prétendants. Il faut dire qu’elle est très attachante. On aime la voir libre et fraîche. On déteste la voir malmenée par son plan cul unilatéral qui ne semble pas la respecter.

Mais le scénario de Cornette est assez futé dans sa narration et bien porté par le trait simple de Karo. Les errances de Kyra ont quelque chose de familier et proche. On connait tous un ou une Kyra.

Selon chacun, l’héroïne sera touchante ou parfaitement énervante dans sa passivité. C’est encore un personnage féminin hésitant sur sa bisexualité cliché. Le registre soft colle avec le ton global.

Tirant vers le manga par moment, tout le monde n’y trouvera pas son compte.

- Je crois que je suis amoureux !

- Tu veux dire que tu bandes ?

(Version lue La Musardine)

Small Favors de Colleen Coover

Colleen Coover est une jeune dessinatrice de comics qui a participé à quelques récits pour Marvel.

En bref, Annie, une jeune femme de 20 ans fantasme sur sa voisine en se caressant dans son jardin. Elle sombre dans un rêve et sa conscience sous la forme d’une reine la punit en la faisant suivre par Nibbil, une sorte de gardienne de sa libido. Hors, très vite, Nibbil et Annie vont très bien s’entendre.

Désigné comme un "Graphic Novel", Small Favors rappelle beaucoup des comics comme Strangers Than Paradise. Avec le ton léger et fantaisiste qui caractérise ce genre de publications, la lecture est agréable avec une qualité moindre néanmoins.

Les personnages sont attachants et Annie assumant ses fantasmes les plus délirants avec sa "gardienne" se libère pour devenir finalement la femme qu’elle aspire à être.

A la couverture, on s’attend à une BD de filles pour les filles et peut être à quelque chose de plus terre-à-terre ou de profond. C’est en fait une succession de scénettes coquines et hyper sexuées. Pas franchement émoustillant, mais léger et drôle.

- Je veux me masturber dans la chatte d’Annie !

(Version lue La Musardine)

Blanche Epiphanie 1 & 2 de Lob et Pichard

Association d’un des plus grands dessinateurs français, Georges Pichard, avec le seul scénariste récompensé à Angoulême, Blanche Epiphanie est un classique de la BD.

En bref, Blanche, une pauvre jeune fille est porteuse de chèques pour un banquier horrible Adolphus qui la harcèle. Débutant dans le Paris fin 19e – début 20e, les aventures de Blanche sont rocambolesques avec ses personnages et ses lieux insolites.

Hommage aux feuilletons populaires, Blanche Epiphanie a tout du récit d’aventures tel que les romans de Dumas ou la série des Fantomas. L’héroïne est sexy et candide, elle a un chevalier servant un tantinet ridicule et ses ennemis sont caricaturaux.

Si le ton est plus sexy et dénudé, on reste dans un érotisme léger et  aventurier, du pulp à la française. Dépaysement, humour et action sont au rendez-vous. Les 2 premiers tomes vous amèneront en Arabie, en Afrique et en Amérique.

A la lecture, on sent la jubilation des auteurs à martyriser Blanche, à la sauver et à la jeter à nouveau dans les griffes d’un nouveau prédateur. Et que dire de Défendar, ce super héros d’opérette maladroit ?

Commencée dans les années 60, la série est un classique, destinée à un public plus adulte, ce qui en faisait un OVNI à l’époque. Et plus de 30 ans après la fin de ses aventures, Blanche Epiphanie reste une lecture fraîche et plaisante.

- A nos amours, Blanche ! Elles seront tumultueuses, je le sens, et ce n’est pas pour me déplaire ! Hin ! Hin !

(Version lue La Musardine)

Encyclopédie de la BD Erotique de Henri Filippini

Historien de la Bande Dessinée, Henri Filippini propose une mise à jour de son encyclopédie de la BD érotique.

En bref, le livre porte bien son nom avec un pavé de plus de 300 pages. En commençant par une histoire du genre, on comprend vite les enjeux et contraintes du secteur et des auteurs. Ensuite, la partie principale est consacrée aux auteurs (150 environ). En 2 pages, l’essentiel du parcours est présenté avec quelques planches et un ouvrage essentiel.

Comme toute encyclopédie qui se veut complète, c’est un ouvrage de chiffres pour être le plus exhaustif possible, les 4 index permettent une exploration parfaite. Et l’amateur ou l’expert de la BD érotique compulsera ce bottin et trouvera l’information désirée.

Excellent complément à BDérotique (qui reste plus orienté sur les œuvres), je ne peux que vous conseiller cet achat agréable à lire et complet, somme d’un travail remarquable.

(Version lue La Musardine)

Betty Page, Reine des Pin-Up de Jaap De Boer

Jaap De Boer est le pseudonyme de Bruno Bouteville. Sa BD la plus connue est un pastiche érotique de Natacha, hôtesse de l’air, qui s’appelle Nathalie.

En bref, 2 gamins sont surpris par leur oncle Paul à regarder un petit film coquin mettant en scène Betty Page. Et donc le tonton en personne responsable fait leur éducation et leur raconte la vie de la reine des Pin-Up.

Si le trait très "cartoon" de De Boer se prête merveilleusement au pastiche d’albums de Spirou (Oncle Paul en est une référence), pour l’érotisme, c’est tout autre chose. C’est très moyen et surtout peu agréable à l’oeil.

Avec un humour approximatif et paillard, le ton n’est clairement pas prétentieux. Mais la tarte à la crème n’est pas mon dessert favori. Désolé pour Jesse Van Achterwiel (le scénariste) qui transforme un hommage en naufrage.

Plus intéressant, les douze pages rajoutées pour cette édition où le dessinateur se confie à propos de sa découverte et passion pour la Pin-Up. Ces pages proposent les plus jolis dessins et des photos de la belle.

-La fillette curieuse s’interrogeait sur l’utilité de porter des talons aussi élevés.

(Version lue La Musardine)

Pin-Up 2 de Aslan

Aslan, ou Alain Gourdon de son vrai nom, est un peintre et illustrateur. Il a aussi réalisé des sculptures.

En bref, ceci est le deuxième volume sur sa collaboration avec le magazine LUI qui a duré de 1963 à 1981.

Les Pin-Ups d’Aslan ont quelque chose d’envoûtant. Peut-être est par leur jeunesse ou la fraîcheur qu’elles dégagent. Ce qui est certain c’est leur regard qui vous plante sur place. Beaucoup d’entre elles fixent le lecteur. Les modèles sont fières sous le pinceau ou l’aérographe de l’artiste. Et nous, on est sous le charme.

On peut retrouver un ton très 70′s dans les coiffures et accessoires mais on retient le charme des poses, la classe des modèles et le rendu photo. Assurément, Aslan est un homme amoureux des femmes.

Pas de doute, c’est un "Must Have".

(Version lue La Musardine)