Insatiable de Douglo

Douglo est le pseudonyme de Horst Dounichdy-Glokken.

Douglo Insatiable couvEn bref, Douglo s’exprime ici en petites histoires indépendantes. Tout d’abord c’est une ménagère au mari pas très subtil qui l’envoie à la gym pour lutter contre ses kilos en trop. Elle préfère la pâtisserie et surtout les pâtissiers. Ensuite, c’est un entretien d’embauche qui finit en débauche (oui, c’est un peu facile). Il y a aussi une comtesse très délurée qui accueille un couple perdu.

L’exercice de style rappelle les histoires courtes  qu’on pouvait trouver dans les magazines de BD porno. Mais ici le style graphique est rude, grossier et criard.

Sans trop savoir si l’objectif est l’humour ou le sexe, le lecteur est un peu décontenancé. Le tout a un caractère certain, mais ne parvient à satisfaire.

- Mais ce n’est pas de l’art ! C’est de la fornication !

(Version lue DYNAMITE Editions collection Petits Pétards)

Sexy Symphonies de Solano Lopez

Solano Lopez est un dessinateur argentin, auteur entre autres de l’incontournable Eternaute.

Solano Lopez Sexy Symphonies CouvEn bref, 2 lycéennes s’enferment dans les toilettes pour hommes de leur lycée de jeunes filles pour y lire un magazine de BDs pronographiques et s’amuser entre elles. Ici le lecteur lit aussi les histoires.

Disons-le tout de suite, ce n’est pas ce qu’on a lu de meilleur concernant Solano Lopez. Le dessin y est moyen, les couleurs sont limites et les scénarios minimalistes. Pourtant le tout se lit bien et très vite. La raison est simple, peu de dialogues et des cases pas très intéressantes.

Certes, on rentre dans un format magazine. Sexy Symphonies était publié à l’origine pour le magazine espagnol Kiss Comics. Le rythme s’en ressent et le coté potache l’emporte. Ah, le doux pays de la gaudriole où une bite dans une chatte suffit au bonheur du lecteur !

Il en faudrait un peu plus pour satisfaire le lecteur. Mais il est trop rare de profiter des œuvres de Solano Lopez et on ne peut qu’encourager les rééditions !

- Aahhhhh! Impossible d’arrêter de se palucher ! Ces conneries m’excitent à donf’ !

(Version lue DYNAMITE Editions Collection Canicule)

Projection Privée de Milo Manara

Les sorties ou rééditions de Milo Manara se suivent encore et encore.

Milo Manara Projection Privée CouvEn bref, "Projection Privée" est la réunion de 2 albums précédemment édités "Candide Caméra" et "Courts Métrages". Donc les histoires courtes proposées ont pour thème l’image, la caméra et le film.

Comme souvent chez Manara, on y retrouve quelques propos sur la société voyeuse et perverse, la télévision abêtissante et des références aux classiques italiens. L’ouvrage est peu porté sur la femme de Manara, quoique quelques planches ou histoires sont assez osées.

Le matériel publié est maintenant daté, on nage en pleines années 80. Et il est difficile de s’enthousiasmer sur ce titre. Le thème du pouvoir de l’image est loin d’être neuf.

Le tout laisse une impression de fourre-tout. On y retrouve aussi un hommage à John Lennon, de la SF et une très belle histoire de diable.

Les collectionneurs peuvent se jeter sur cet album, les autres devraient déjà lire Guiseppe Bergman !

- Vous payerez pour avoir sali notre aventure avec votre pornographie !

(Version lue Glénat)

Blue de Naoki Yamamoto

Naoki Yamamoto est l’auteur de l’excellent Asatte Dance et reste un auteur trop rarement publié en France.

En bref, 7 histoires sont au programme de ce recueil oscillant entre histoires de coeur et de baise lycéenne, comédie sentimentale et situations absurdes. Tout l’art de Yamamoto y est représenté, touchant presque l’Ero Guro sur la dernière histoire.

Toujours avec des héroïnes fluettes, mais pleines de caractère et résolues, ces histoires constamment ponctuées de scènes de sexe réussissent à émouvoir et à prendre à contre pied le lecteur. Les hommes et les adolescents ne sont souvent réduits qu’à des caricatures tenus et guidés par leur satisfaction sexuelle, victimes de leur appétit sexuel, à la merci complète de celle qui veut bien se laisser faire. Avec Yamamoto, l’amour ou les sentiments naissent post coït et, le plus souvent, aux dépends du garçon.

On retient aussi les dialogues durant les scènes. Ici, pas ou peu d’images poétiques, mais une représentation de l’union de deux corps, de la découverte de la sensualité avec étonnement, curiosité et exaltation. Bien que les femmes semblent ne pas le désirer, ce sont bien elles qui exploitent leur corps pour mieux obtenir ce qu’elle cherche (ici, romance, drogue, affection, etc.).

Le tout est plein d’humour et d’une forme de mélancolie et de tendresse pour une époque de vie où l’on découvre l’amour et le sexe, mais aussi la réalité de la vie.

"Blue" est d’une subtilité rare, reprenant les codes de hentai et de la comédie romantique.

- Je n’ai pas arrêté de penser à des trucs cochons pendant le cours. Je suis trempée  de sueur et de sécrétions … 

(Version lue IMHO Editions)

La Belle Eplorée et Autres Histoires de Leone Frollo

Leone Frollo fait partie des grands maîtres de l’Erotisme fait BD.

En bref, "La Belle Eplorée et Autres Histoires" compile toutes (?) les histoires courtes de Frollo révélant l’évolution de son trait, mais surtout l’éventail de ses fantaisies.

En quelques cases, ses femmes vous ensorcellent. Croiser leur regard emporte le lecteur, c’est suffisamment rare pour être souligné.

Si Frollo est plus associé à ses récits de début de 20e siècle avec ses femmes fortes, rondes et affirmées, il n’en reste pas moins un dessinateur de son époque et n’échappe pas aux récits de Science-Fiction ou à l’aventure, voire le récit sans paroles.

La qualité des histoire est variable. Les pages sur Betty Page sont un bien meilleur hommage que celui de Jaap de Boer. Son Venise reste la ville mystérieuse et sensuelle d’amants aux moeurs légères. Peggy reste la secrétaire malhabile de jour, mais la maîtresse sauvage la nuit.

Le contraste du dessin encré et le crayonné dans "La Belle Eplorée" amène une intensité rare dans une scène de bondage puissante et cruelle.

Le recueil est un bel exemple d’érotisme tantôt classieux, tantôt vulgaire et futile surtout dans quelques dialogues.

- Tu frottes ton engin entre mes cuisses pour t’exciter ! Je le sens bien ! Relève-toi, cochon !

(Version lue Delcourt Erotix)

Souvenirs de Jeunesse de Giuseppe Manunta

On a déjà parlé de Manunta pour les 5 Sens d’Eros.

En bref, une demi douzaine d’histoires vous replonge dans l’état de adolescents et jeunes adultes. Sans grandes surprises, on retrouve les sorties entre amis, retrouvailles du lycée, confessions intimes et séances de révisions et jeux coquins, etc.

Même si ça semble banal et assez convenu, Manunta a le talent d’injecter dans ses récits une candeur et une fraîcheur rares. Certainement, cet effet est permis grâce aux couleurs pastels utilisés et au trait rond vaguement enfantin, tout en restant réaliste.

Le lecteur y retrouvera ces poussées de désirs quasi-incontrôlables comme le nouveau petit ami tombant sous le charme de la petite sœur. Il y a aussi les plans machiavéliques pour que la jeune femme cède, mais la gent féminine reste toujours la plus forte.

Manunta nous rappelle qu’il est bon de rester curieux et à l’écoute de ses désirs. Ses "souvenirs" y parviennent à merveille.

- Allez, allez ! Tu ne les trouves pas craquants mes petits tétons ?

(Version lue Tabou Editions disponible sur Averotix)

Carré Noir Sur Dames Blanches de Alex Varenne

Alex Varenne a une bibliographie riche.

En bref, 6 histoires courtes sont au programme de ce recueil.Ici, des couples, des amants se mettent en scène, fantasment et font l’amour. A priori indépendantes, les histoires se connectent avec une belle confession du dessinateur.

Exploitant les thèmes de l’exhibition/voyeurisme propres à la BD entre le lecteur, le support et les personnages, Varenne prouve vite qu’il a une vraie vision du genre.

Les récits sont tour à tour cabotins, coquins, cruels, tristes, passionnés et rêveurs. Le tout reste cependant accessible et d’une simplicité sans prétention. La lecture est plaisante et peut être trop rapide.

Cet album est le premier de l’artiste et son trait est déjà bien en place. On sent quelques hésitations, mais aussi des références en forme de clin d’œil, notamment sur la 3e histoire où le beau gosse est un Tarzan sorti d’un pulp.

La complicité évidente des couples emmène le lecteur et on sent beaucoup de tendresse dans le traitement.

- J’assouvis tous ses vices dans des lieux de malice…

(Version lue Chefs d’Oeuvre de la BD Erotique Tome 4 – Rombaldi Editeur)

En chien de Madet

Madet est un jeune auteur français dont on a chroniqué le premier album, "Le Sale Petit Con", et fait une interview.

En bref, nous retrouvons Michel toujours célibataire, toujours à la recherche d’une moitié. Cette fois, on suit ses rencontres faites par internet. Déboires, désillusions et débandades sont au programme.

Michel, c’est un peu le portrait du jeune homme moderne dans lequel on se reconnait. Il est un brin cynique, volontaire, facilement moralisateur, opportuniste, obsédé et frustré.

La quête d’autrui est un parcours difficile. Michel en fait les frais. Mi-victime, mi-responsable, il aborde chaque rencontre plein de préjugés et d’attentes souvent déplacés, et toutes les filles sont le plus souvent repoussantes et presque folles. On plaint les personnages et on se moque beaucoup d’eux (et donc de nous aussi).

Si vous avez déjà fait des rencontres par un quelconque site, les situations vous feront sourire. Un album plus que sympathique dans la lignée du premier album de Madet.

- Je la nique ce week-end et tout le monde est content !

(Version lue Editions Le Moule-à-Gaufres)