Aventures Orientales de Milo Manara

La 3e aventure de Guiseppe Bergman, la série culte de Manara, est parue précédemment sous le titre de “Rêver Peut-être”.

En bref, Guiseppe Bergman se perd à nouveau dans l’Aventure. Cette fois, il participe à la recherche d’une équipe disparu lors d’un tournage. Les rushs servent de pistes troublantes pour lui et Fransesca Foscari, la responsable de l’expédition.

Après 2 volumes, cette route jusqu’aux Indes en passant par le Moyen-Orient amène la plus belle aventure, mais aussi la plus bouleversante. Le double cursus de l’histoire allant et revenant entre la réalité de la BD et celle du film, les mariant par moments emmène le lecteur dans la “rêverie” propre à cette série. On sent toujours la présence de Pratt, le maître du voyage. Et on effectue celui-ci avec délice et, comme Guiseppe, nous sommes spectateurs malgré nous.

Ne cessant de nous emmener plus profondément dans des délires mystiques, Manara dévoile ses talents sans retenue dans ce qui semble être le travail le plus personnel et plus difficile d’approche que ces autres travaux, bien plus terre-à-terre.

Et tout le monde n’adhérera pas à ces pages qui contiennent une dose de poésie et de dépaysement sans équivalent, tout en conservant cet érotisme moite et pervers.

- Le plus curieux est que les vidéocassettes ne redeviennent visibles que dans les lieux où elles ont été tournées…

(Version lue Drugstore)

Aventures Africaines de Milo Manara

Auteur érotique incontournable, on ne peut que reconnaitre le talent de Manara dont on parle régulièrement.

En bref, nous retrouvons Giuseppe Bergman pour de nouvelles aventures. Après les “Aventures Vénitiennes”, Manara continue sa série phare en s’inspirant largement de son compatriote Hugo Pratt (qui était un personnage central du tome précédent).

Cette fois, il n’y a pas de mentor pour notre héros, mais une sorte de productrice accompagnée d’un acolyte gros bras et silencieux. Le clin d’oeil au cinéma est assumé, voire même poussé à l’extrême.  Le point central de l’histoire réside dans le contenu d’une mystérieuse mallette.

Avec des thèmes variés comme le tiers monde et l’occident ou l’écologie et la course au progrès, cet album provoque quelques réflexions et c’est tellement rare dans le genre. Mais rassurez-vous, l’érotisme est toujours présent. Le psychédélisme et le grotesque des derniers chapitres, bien que déroutants, bouleversent le lecteur.

On ne se lasse pas du dessin du maestro, servant parfaitement dans cette série le réalisme, mais aussi l’onirisme du récit.

La série des Giusseppe Bergman devrait être dans toutes les bibliothèques, tant le voyage (et l’aventure) est de qualité et terriblement intelligent.

Petite anecdote, la plus célèbre des actrices X françaises, Brigitte Lahaie, apparait dans la BD en épouse tortionnaire et soumise pour une scène clé.

-… Ce qui me bouleversa le plus, c’est le ton sur lequel elle me demanda :” tu veux, toi aussi ?”

(Version lue Noir et Blanc Drugtsore)

Aventures Vénitiennes de Milo Manara

3e chronique d’une oeuvre de Manara, le pape (en terme de popularité) de l’érotisme en BD.

Aventures Vénitiennes est la réédition de “HP et Guiseppe Bergman”, le point d’entrée de la saga Bergman et des ses multiples histoires.

En bref, le héros, Guiseppe Bergman est retenu pour vivre l’Aventure avec un grand A. Et il a Carte Blanche. Il aura un maître, HP qui n’est autre qu’Hugo Pratt, le dessinateur de Corto Maltese (entre autres). L’aventure s’annonce de haut vol.

Manara a pris comme modèle pour Guiseppe l’acteur Alain Delon et c’est un des rares personnages masculins beaux de ce dessinateur (avec Faust -James Dean – du Déclic 2) et il va être maltraité, subir de nombreuses humiliations et tentations.

Avec cette série, Manara acquiert un statut de véritable artiste à mes yeux, le récit est maîtrisé et intelligent, le trait toujours aussi précis et détaillé. Et ses femmes restent parmi les plus désirables qui soient dans l’univers de la BD érotique, toutes ont ce petit quelque chose qui attire. Leur fraîcheur, leur abandon, l’histoire qui se dégage d’elle en 2 cases nous attachent à elles et chacune est marquante. Comme d’habitude on est davantage sur un registre imagé, l’acte sexuel est suggéré ou masqué, mais néanmoins explicite (voir le trip “soufflette” de Bergman).

Mais l’Aventure dans tout ça? Quand commence t’elle? Je veux dire la vraie Aventure. Guiseppe l’attend tout le temps. Et le message de la BD est très beau, presqu’une leçon de vie, ni plus, ni moins.

Aventures Vénitiennes est à avoir dans toutes les bibliothèques. Foncez, c’est du nougat ! (même si l’érotisme n’est pas l’objet premier de la BD)

- Tu vois que je me tourne volontiers… Moi j’aime bien des deux cotés…

(Version lue Drugstore)