Haldernablou de Alfred Jarry & Tom de Pékin

Tom De Pékin est un artiste français. Ces champs d’action sont l’illustration et la performance. Alfred Jarry est un poète et dramaturge du 19e siècle, auteur entre autres de “Ubu Roi”.

En bref, Tom de Pékin livre une version de Haldernablou, pièce écrite en 1894, illustrée avec ses thèmes et obsessions.

Le texte est inchangé et l’accord avec les dessins sadomasochistes gay crée un contraste ébouriffant. Chaque personnage porte une cagoule, offrant anonymat mais aussi une violence certaine.

Le livre entier est sous la direction de Tom de Pékin, les textes aussi sont mis en forme.

Mais c’est surtout la rencontre de 2 époques, ainsi que de 2 moyens d’expression. Le dessinateur n’hésite pas à mêler ses personnages à des décors forestiers, des batraciens, des insectes et autres animaux nocturnes ou encore de figures mortelles et menaçantes. Les poses ne laissent que peu de doutes sur les intentions, en raccord avec le texte.

C’est toute une mise en scène et une maquette que nous propose cet ouvrage. Dense et ambitieux, c’est un plaisir de voir un texte classique revisité de la sorte.

(Version lue United Dead Artists)

Hopes 2 de Mavado Charon

Charon est un artiste actif sur la toile. vous pouvez retrouver son travail sur son blog et son Tumblr.

En bref, Hopes 2 est composé de deux fascicules : Hopes et Human Nature.

Hopes, avec sa couverture à fenêtre, nous place en voyeur et dévoile des scènes très hard de sadomasochisme gay. Si, dans un premier temps, on se sent plongé dans une “back-room”, on est plutôt en face de tableaux apocalyptiques qui rappellent l’Enfer selon Bosch.

Les tableaux s’étalent sur des double-pages sales, violentes et morbides. Le squat de départ laisse place peu à peu à une salle de torture pleine de sueur, de sang, de larmes et de toutes les autres sécrétions possibles. L’ambiance moite et rude n’est pas là pour nous mettre à l’aise.

Dérangeant et marquant, on en sort pas indemne. Chaque page est riche de détails, elles dévoilent toutes des scènes cruelles et perverses. Le purgatoire de Charon n’est pas des plus tendres.

Vous pouvez aussi vous en faire une idée plus précise sur les liens en intro.

(version lue Imprimeries Clandestines de Montreuil – disponible chez BD Spirit, Paris 18e, Rue Ramey)

Journal 1 et 2 de Fabrice Neaud

Fabrice Neaud a reçu l’Aplh Art Coup de Coeur pour son “Journal” en 1997 au Festival d’Angoulème.

En bref, l’auteur se confie sur sa vie de 1992 à 1994 alors qu’il est tout jeune auteur. Il nous parle de tout, de son travail, de sa recherche d’amour, de ses préférences.

Certainement l’autobiographie la plus touchante jamais lue, les états d’âme de l’auteur bouleversent le lecteur. Du statut de l’homosexuel de province qui galère à trouver un partenaire digne de ce nom et non un coup du soir, le récit déborde de sensualité, d’attente frustrée et surtout d’une humanité qui concerne tous les genres et orientations sexuelles.

On peut dire qu’à travers ses cases, Neaud fait fort avec ses images de cœur anatomique touché par un doigt ou encore pointé par un pistolet. Il maitrise les métaphores des sentiments et son art en général est d’une grande maturité aux influences multiples.

On pourrait lui reprocher une certaine impudeur propre au format employé, tant ses confessions sont intimes. Mais c’est toute la beauté qui en découle qui vous prend et ne vous lâche plus. Une belle quête de sentiments.

- Je me perds dans l’observation de son col presque le temps d’un scandale…

(Version lue Ego Comme X)

Tom Of Finland : The Comics Volume 1

Tom of Finland est le pseudonyme de Touko Laafsonen, décédé en 1991.

En bref, le livre est une compilation de plusieurs séries et travaux de Tom Of Finland. On y retrouve beaucoup de ses héros récurrents : un Tarzan, Kake (le motard au T shirt “Fucker”), etc.

La première chose qu’on retient est la masculinité exacerbée des protagonistes, avec musculature développée et pénis surdimensionnée. S’appuyant sur ce qui est maintenant devenu des clichés gays, Tom fait la part belle aux travailleurs, aux policiers et aux militaires (clichés que l’on retrouve dans les Village People par ailleurs).

Ces penchants pour ces derniers sont complètement fétichistes, bottes en cuir et uniformes sévères moulant les sexes toujours prêts à l’emploi.

Les planches sont composées essentiellement d’un seul dessin s’appuyant sur une narration silencieuse. Il n’y a aucune bulle (hormis dans la première histoire). A mon sens, cela renforce le fantasme dessiné où toute parole est inutile ou peu justifiée.

On retiendra ses personnages au look de rocker propres sur eux ou de militaires à la sexualité heureuse, joviale et impudique.

(Version lue Taschen)