Aventures Mythologiques de Milo Manara

Dernier volume de la réédition des aventures de Guiseppe Bergman dessinées par Milo Manara, Aventures Mythologiques comprend "Revoir Les Etoiles" et "l’Odyssée".

En bref, Manara, sur ces 2 albums, montre ce qu’il inspire. Après l’aventure, Hugo Pratt et l’imaginaire africain et oriental, c’est la peinture classique, la rêverie, le cinéma, mais aussi l’antiquité qu’il nous dévoile.

Certes, c’est sa vision, mais contrairement à d’autres albums, ici, Manara est le maitre qu’on connait. Son style graphique y est à son meilleur et on peut y voir ses recherches de textures dans "Revoir Les étoiles" avec l’aquarelle et son trait noir et fin dans "l’Odyssée". Tout le monde tombe sous le charme. Certes, quelques uns le trouveront pompeux, trop intellectuel et pas assez érotique. Il rappelle néanmoins que la volupté n’est pas que dans l’exposition ou l’outrage sur corps nus.

Guiseppe Bergman est la série à lire de Manara. On retient Le Déclic et Le parfum de l’Invisible pour leur pornochic. Guiseppe Bergman est bien au-delà. Chaque tome est une oeuvre forte qui laisse des traces.

On remercie Drugstore d’avoir réuni des illustrations et des pages censurées en fin de volume pour prolonger la lecture.

A lire, à posséder, la série des Guiseppe Bergman devrait figurer en bonne place dans toute bibliothèque !

- Moi, en tout cas, je reste toujours ici, pour voir les filles toutes nues. Comment est-ce que vous dîtes ? Faites l’amour, pas la guerre. Moi aussi, c’est ce que j’ai toujours pensé.

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Les Onze Mille Verges de Guillaume Apolinaire et Liberatore

Guillaume Apollinaire est l’un des plus grands poètes français du début du XXe siècle. Liberatore est l’auteur entre autres de Ranxerox.

En bref, Liberatore illustre le récit très érotique d’Appolinaire. Le parcours sexuel de Mony Vibescu, prince roumain à la virilité volontaire, passe par Bucarest à Paris et la Chine.

Cette fiction est comme une longue perspective de pratiques sexuelles de plus en plus "passionnées". On est confronté au catalogue complet de l’époque et force est de constater que les choses n’ont pas tant évoluées que ça. Cependant, il faut être bien préparé à cette lecture qui dérange fortement par instants.

Là-dessus, Liberatore illustre certains passages forts avec toujours autant de brio. Le travail sur la musculature, la peau et l’anatomie en général est bluffant.

Définitivement l’ouvrage est un superbe objet pour les érotomanes à la recherche de textes forts et d’illustrations majestueuses.

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Mahârâja de Labrémure et Artoupan

Artoupan dessine le scénario de Labrémure pour cet album dont vous pouvez suivre la création sur le blog officiel.

En bref, 1917, un grand hôtel attend l’arrivée d’un gros client, un mahârâja et sa cour viennent investir les lieux. Tout ce petit monde est ébullition, mais une menace plane.

On est d’abord surpris par le trait d’Artoupan et ses couleurs justes, mais les premières pages sont un peu bancales. On peine à y croire, mais la présentation de la directrice et surtout l’arrivée  de la cour chatoyante changent la donne.

Dès ce moment, la fantaisie et l’érotisme se font plus certains. Le lecteur est dans un monde léger, entièrement tourné vers le plaisir. La nonchalance muette du Mahârâja envoûte et perturbe tout le monde et surtout ceux qui sont à ses trousses.

La pointe d’humour nécessaire à l’album se trouve autour du personnage du tueur anglais. Celui-ci a un je-ne-sais-quoi du faux-dur à qui il arrive des facéties qui l’empêchent de mener à bien son œuvre.

On reste sur une impression de légèreté jusque la fin. Sans être un grand album, le moment de lecture est plaisant.

- Vraiment ? … Ne pensez-vous pas qu’il y ait des choses plus intéressantes à faire à cette heure de la soirée ?

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Hot Charlotte de Cucca, Ecuba et Lauria

Vincenzo Cucca est un dessinateur italien enseignant à Naples. Il s’est associé à Vincenzo Lauria, scénariste, et Ennio Ecubia, scénographe, pour "Hot Charlotte".

En bref, Charlotte, Aline et Mei Li sont 3 colocatrices aux charmes dévastateurs, tant est si bien que leur appartement brûle. Mais Charlotte se révèle pleine de ressources, elle emmène ses amies dans la villa déserte de son père, riche financier italien. Ce déménagement et cette incendie auront aussi d’autres conséquences.

L’histoire est pleine de citations tournant autour de Marseille (Izzo notamment) ou de références culturelles, essayant de convaincre le lecteur qu’il lit autre chose qu’une histoire de fesses. L’effort est louable, mais ne trompe personne. On est ici pour la plastique des héroïnes déjantées et la note d’humour.

En effet, rien que le personnage de Mei Li apporte une légèreté bien plus proche de ce qu’on pourrait attendre du graphisme, c’est à dire un érotisme soft, mais transpirant de sensualité et décomplexé.

Avec un dessin et des couleurs très modernes, les héroïnes sont charmantes avec des poses suggestives et des nuisettes affriolantes. On est proche d’un manga pour les visages.

Vague histoire policière bâclée et plus ou moins morale avec son lot de "attention aux hommes", on ne sait pas trop si le tout est vraiment plaisant. Si le dessin vous intéresse, n’hésitez pas.

- Hé ! Je note avec plaisir que la leçon t’a beaucoup plu, Charlie. Hi hi hi ! Mais attention, n’exagère pas avec ce jouet… Et puis les vrais vont arriver, et nombreux !

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Aventures Orientales de Milo Manara

La 3e aventure de Guiseppe Bergman, la série culte de Manara, est parue précédemment sous le titre de "Rêver Peut-être".

En bref, Guiseppe Bergman se perd à nouveau dans l’Aventure. Cette fois, il participe à la recherche d’une équipe disparu lors d’un tournage. Les rushs servent de pistes troublantes pour lui et Fransesca Foscari, la responsable de l’expédition.

Après 2 volumes, cette route jusqu’aux Indes en passant par le Moyen-Orient amène la plus belle aventure, mais aussi la plus bouleversante. Le double cursus de l’histoire allant et revenant entre la réalité de la BD et celle du film, les mariant par moments emmène le lecteur dans la "rêverie" propre à cette série. On sent toujours la présence de Pratt, le maître du voyage. Et on effectue celui-ci avec délice et, comme Guiseppe, nous sommes spectateurs malgré nous.

Ne cessant de nous emmener plus profondément dans des délires mystiques, Manara dévoile ses talents sans retenue dans ce qui semble être le travail le plus personnel et plus difficile d’approche que ces autres travaux, bien plus terre-à-terre.

Et tout le monde n’adhérera pas à ces pages qui contiennent une dose de poésie et de dépaysement sans équivalent, tout en conservant cet érotisme moite et pervers.

- Le plus curieux est que les vidéocassettes ne redeviennent visibles que dans les lieux où elles ont été tournées…

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Minus de Rica

Rica a participé à Premières Fois.

En bref, Minus est un fils de bonne famille, pistonné par son père qui lui a aussi donné son surnom. Arrogant et cynique, il vit dans sa bulle se satisfaisant de masturbation, de filles faciles et de quelques soirées avec ses collègues de travail.

Dans sa solitude volontaire, Minus est détestable. Il n’a aucune ambition, ne cherchant que sa petite satisfaction. C’est aussi un obsédé, partageant avec nous son parcours de branleur et sa pièce secrète qu’il garde fermée lors de visite de ses "amis" ou conquêtes. Mais bien évidemment, les secrets qu’il veut garder vont le gangréner peu à peu.

Dans un style lorgnant vers Charles Burns, on apprécie la cohésion du trait et du récit. C’est noir, gras et un peu sale, comme le propos global de l’album.

Cette descente aux enfers est parfaitement maitrisée, avec des scènes (notamment celles des rencontres de filles dans les bars) qui ont un goût de vécu. Un très bon moment de lecture.

- Elle sent ma gaule, mais ne s’y frotte pas.

(Version lue Drugstore)

L’Art De La Fessée De Milo Manara et Jean-Pierre Enard

On ne présente plus Milo Manara qui, ici, illustre l’histoire écrite par Jean-Pierre Enard.

En bref, un homme et une femme se livrent au jeu sensuel de la fessée érotique en laissant libre cours à leur imagination.

Sous la forme du récit illustré, les mots de Jean-Pierre Enard sont mis en lumière par le trait de Manara. En nous faisant pénétrer l’intimité de ce couple, ils révèlent habilement l’alchimie nécessaire pour les choses de l’amour.

La fessée reste un jeu sadomasochiste soft évoquant l’enfance et la punition. C’est aussi l’abandon et l’exhibition de la personne punie, une forme de préliminaires cérébrale et mis en scène.

La qualité du récit est enthousiasmante et cela se lit avec une rapidité déconcertante. On a apprécie le ton général quelque peu précieux, mais très vivant.

A conseiller aux curieux de l’exercice. Une possible lecture à deux pourrait pimenter les moments intimes.

- Fesser n’est pas forcer, ni contraindre, ni violenter. Celui qui use de la fessée pour corriger ou pour obliger ne comprend rien à cet art.

(Version lue Vents d’Ouest – rééditée par Drugtsore)

Les Sales Blagues T16 de Vuillemin

Vuillemin est un des piliers du magazine l’Echo Des Savanes.

En bref, Le principe des "Sales Blagues" est de reprendre en Bandes Dessinées les blagues de comptoir qu’on se raconte entre amis.

Avec son trait gras, on peut dire que le propos et le dessin sont en parfaite harmonie. Le niveau n’est pas très élevé, mais l’humour est tour à tour graveleux, pinçant et irrévérencieux.

Oubliez toute notion de politiquement correct, Vuillemin s’en fout. Tout le monde en prend pour son grade. Si vous ne savez pas rire de vous-même, passez votre chemin, vous serez dégouté.

Scatologie, zoophilie, homosexualité, religions, immigration, prostitution, etc. rien est épargné. Aucun tabou ne résiste. Autant les traiter à l’humour et au vitriol.

- Et alors, camarade ? Pour 10 Euros, tu voudrais tout de même pas des gambas ?

(Version lue Drugtsore : L’Echo Des Savanes)