La Comtesse Rouge de Georges Pichard

Georges Pichard pourrait être nommé parrain des auteurs de BD érotiques (ou pour adultes) français.

En bref, La Comtesse Erzsebet Bathory amène à son château un jeune homme épris d’elle. Celui-ci va découvrir ce que cache la beauté de l’aristocrate.

S’appuyant sur le folklore caucasien, au même titre que le Vlad l’Empaleur qui inspira Dracula, la BD montre les atrocités commises par la comtesse qui inspira an partie le mythe du Vampire, éternellement jeune et mortellement séduisante.

Et Pichard réussit merveilleusement à illustrer le charme envoutant de Bathory. Le dessin la rend attirante et dangereuse. Le personnage est aussi fascinant que décrit. Malgré tout le ton du texte amène une certaine distance, notamment pour les scènes de torture très statiques, proche de tableaux.

Mais nous sommes plongés dans un récit classique à la Bram Stoker (référence évidente) et le tout a tout de même une aura bien particulière qui mérite sa lecture.

- La fréquentation d’une femme libre et intelligente forme un jeune homme mieux que dix professeurs.

(Version lue Dominique Leroy Editions – Ebook)

L’Ecole des Biches de G. Lévis

L’auteur des aventures de Liz & Beth nous offre ce récit d’époque.

En bref, L’Ecole des Biches est l’adaptation d’un roman érotique du 19e siècle d’Ernest Baroche. Une tante fait l’éducation de sa nièce, amoureuse d’un peintre. Le mécène de la tante et sa dame de chambre complètent le casting.

Il y a quelque chose qui sonne faux dans ce récit assez proche d’une pièce de théâtre. Mais c’est là la grande force de Lévis d’en faire une histoire pleine de classe et absolument pas vulgaire. En effet le récit érotique classique de l’éducation sexuelle d’une jeune pucelle qui se révèle une tigresse n’est pas original, mais le dessin de Lévis colle très bien à l’ambiance. Et on ne s’ennuie pas à la lecture.

Le libertinage qui nous est proposé est tout de même bien élaboré et “plausible.” Et même si on peut regretter le manque d’intrigue, l’histoire se tient et on regrette de ne pas avoir eu la même tante dans sa famille!

En résumé, l’Ecole des Biches offre un moment sympathique et frais, bien qu’un peu guindé.

- Candide? Une fille amoureuse n’est jamais candide!

(Version lue Dominique LEROY Editions – Ebook)

Mona Street 1 et 2 de Leone Frollo

Nous avions déjà parlé de Frollo pour sa série des “Casino.” C’est la dernière Bande Dessinée parue avant son décès.

En bref, Mona est une jeune femme blonde qui, sous des dehors prudes, cache bien son jeu. C’est une experte des choses de l’amour et elle tient à le partager avec le plus grand nombre.

Bien moins porno que les Casino, la série des Mona street est plus enthousiasmante. En effet, le dessin s’est affiné. Les femmes de Frollo sont très identifiables avec leur regards affutés, leur formes rebondies et leur psychologie volontaire, mutine mais pas saute-au-paf à mort. Frollo place son histoire dans les années 20. L’ambiance début de siècle lui réussit bien.

Le premier tome s’attarde sur Mona et ses amies, son apprentissage au pensionnat, etc. Tous ces lieux sont interdits aux hommes et propres donc à tous les fantasmes. C’est bien ce que réussit Frollo. Il nous offre des situations fantasmées assez fines et ne détaille que des plans saphiques.

Le deuxième tome évoque les aventures vénitiennes de Mona qui y recherche la femme d’un comte, un gondolier et lutte contre une étrange confrérie. Très court, moins inspiré que le premier (à mon avis), il revient vers des histoires à la Casino avec un certain goût pudique, bien intéressant.

Les 2 tomes laissent sur la faim. C’est court, assez affriolant. On en veut davantage !!!

- La première fois qu’on voit une chose pareille, on en sort un peu troublée.

(Version lue Dominique Leroy Editions en ebooks et Delcourt Erotix)

(Juste pour la forme, c’était mes premières lectures sur écran. Rien ne remplacera une BD entre les mains que la souris…)

MAJ (28/04/2011) :

J’ai déniché l’exemplaire papier de Mona Street 2 où 2 histoires supplémentaires et quelques planches sont fournies. On peut découvrir le dessin si fin de Frollo. En terme de plaisir de lecture, il n’y a aucune comparaison possible. De quoi tomber raide dingue de Mona, de ses poses, de ses formes… Un vrai délice pour les yeux que les scans ne rendent absolument pas. Amateurs de femmes rondes, gentiment coquines, avec le style du début du 20e.  Un travail remarquable !!

MAJ 19/12/2011 : Delcourt a sorti une intégrale de très belle facture reprenant toutes les histoires de Mona Street. On s’étonne toujours du trait impeccable de Frollo. Certaines histoires sont sans encrage avec un trait tellement fin.

C’est la version à acheter (et la plus facile à se procurer). Il manque cependant des illustrations disponibles sur la version papier de Mona 2…

On apprécie toujours autant les courbes des femmes de Frollo, envoutantes et pleines de grâces, savoureusement provocantes. Parfait exemple de la BD érotique, c’est un “must have” !