Filles Perdues de Melinda Gebbie et Alan Moore

Scénariste star de comics (Promethea, Swamp Thing, etc.), Alan Moore a contribué à ce livre avec sa femme Melinda Gebbie.

En bref, Alice, Wendy et Dorothy, respectivement héroïnes de Alice au pays des Merveilles, Peter Pan et Le Magicien d’Oz, ont bien grandi. La blonde, la brune et la rousse dévoilent leur parcours amoureux de femmes épanouies.

Que sont devenus les tendres portraits de jeunes filles de bonne famille des contes modernes? Moore et Gebbie donnent leur version de l’après conte quand l’âge et les corps sont devenus matures.

Le projet est ambitieux. Malheureusement on s’ennuie ferme devant tant de manières. Si le langage symbolique de Moore s’accorde formidablement dans ses comics, ici, c’est laborieux. Le dessin de Gebbie est tout simplement unique. Son trait est proche de certaines estampes du début du siècle et ses couleurs sont audacieuses, avec l’usage du pastel.

On sent l’influence de Moore dans chaque page et le génie n’est jamais loin. La lecture est exigeante et beaucoup seront aussi perdus que ces filles. (Pardon, c’était facile.)

- Dieu, non! Je suis plus mouillée qu’un pique-nique baptiste !

(Version lue Delcourt)

Premières Fois

“Premières Fois” est un recueil de dix histoires courtes dessinées par dix auteurs différents : Alfred, Capucine, D’Aviau, Augustin, Vince, Rica, Vatine, Pedrosa, Bertail et Dave McKean.

En bref, comme l’annonce le titre, nous allons découvrir des premières fois coquines. Et il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’imagination pour voir quels “dépucelages” nous allons être témoin. Du simple dépucelage au sexe de groupe en passant par le BDSM, le champ est large.

Et c’est bien la pluralité des situations qui est un des points forts de la BD, mais bien plus encore la grande fraîcheur de la plupart des scènes reste bien le principal attrait. Les auteurs, sans être spécialisés dans l’érotisme, réussissent tous leur challenge. On sent le vécu ou l’anecdote rapportée sans tomber dans le niais.

Ne connaissant pas la majorité des auteurs, la majorité des histoires donnent envie de découvrir leurs travaux précédents. Beaucoup semblent des dessinatrices avec une sensibilité bien différente de ce qu’on peut lire habituellement dans le genre.

Les styles sont variables, tous en noir & blanc. Tous sont de très bons niveaux. Le dernier récit de McKean est l’extraterrestre du recueil, de part le style et l’histoire, mais c’est toujours un plaisir de le lire.

Idéal pour un cadeau coquin ou pour un premier achat dans le genre.

- Je l’étouffe avec ma chair. Je mange la sienne.

(Version lue Delcourt)