Sally Forth de Wallace Wood

Nous avons déjà parlé de Wallace Wood pour Fées en Folie.

En bref, Sally Forth fait partie d’une équipe de bras cassés de l’US Army. Elle est l’alibi sexuel du groupe où tous les autres sont spécialistes de leur art, mais ils sont tous surtout très bêtes. Les aventures de la compagnie ne sont pas tristes, commencent sur terre, partent dans l’espace et Sally les vit le plus souvent complètement nue.

Parues à l’origine dans des magazines destinés aux appelés, les histoires portent l’humour de leur époque et sont un mélange d’humour, d’aventures et de clichés sexy. Ce sont les grands jours du calembour et de l’humour potache. On peut reprocher la lourdeur du genre, mais on rit et on soupire devant le jeu de mot lourdingue. Tout comme Fées en Folie, il y a beaucoup de parodies, Flash Gordon, Buck Rogers et Tarzan, grands classiques de l’époque.

La lecture rappelle l’humour et l’aventure à la Elvifrance, quoique plus classe que les parutions équivalentes pour les troupes françaises. Mais ne nous trompons pas et c’est bien un précurseur du genre que nous tenons.

Amateurs d’humour un peu daté, jetez vous sur ces 2 tomes. Wally Wood semble se lâcher davantage sur le 2e volume avec Sally qui prend des poses de plus en plus osées et suggestives.

- Mince alors ! Il voulait vraiment me montrer une fusée !

(Version lue 2 tomes Editions Hors Collection " j’aurais mieux fait de me taire" et " Je ne suis pas celle que vous croyez"- épuisé)

The Pro de Garth Ennis et Amanda Conner

Garth Ennis est un scénariste de comics irlandais célèbre pour avoir écrit l’immanquable Preacher, renouvelé le personnage du Punisher et de Constantine. Amanda Conner est une dessinatrice irlandaise elle aussi.

En bref, une prostituée se réveille un jour avec des super pouvoirs. Elle est embauchée par la ligue d’Honneur pour lutter contre les super méchants.

Avec une grosse dose d’ironie et de cynisme, Ennis démonte le mythe du super-héros. Dans The Pro, c’est spécialement l’univers DC comics (Batman, Superman, Wonder Woman, The Flash, Green Lantern) qui est visé. Dénonçant les bons sentiments écervelés de ces héros, Ennis y injecte une dose de réalisme brut avec le personnage de The Pro. Elle gagne sa vie avec son corps et s’occupe de son braillard de bébé. De ses pouvoirs, elle ne voit que le moyen d’améliorer son quotidien.

Du coup, elle ne "pose" pas comme les autres héros, elle est. Elle tape très fort, jure, fume, arrache les membres et humilie ses adversaires en urinant sur eux ou livrant leur anus aux assauts de ses collègues prostitués.

Drôle et iconoclaste, The Pro dérangera les amateurs de super héros et fera hurler de rire les autres. Plus mature qu’érotique, c’est un vent frais dans l’univers trop souvent aseptisé du Comics.

- So you really don’t know what a blow job is ? (Alors tu ne sais vraiment pas ce qu’est une pipe?)

(Version lue Image Comics, disponible en français chez Editions USA – épuisé)

Fées En Folie de Wallace Wood

Wallace Wood est un grand monsieur du comics. Il a beaucoup travaillé pour EC Comics (Contes de la Crypte, Blazing Battles, etc.) et aussi MAD.

En bref, Wallace Wood reprend les contes de fées les plus connus et les épicent avec humour et malice. Sont donc détournés : Alice, Hansel & Gretel, la Belle au Bois Dormant, Cendrillon, etc. Mais aussi, des mythes plus modernes comme Flash Gordon, même Conan le Barbare et Prince Valiant y font une apparition.

Les histoires sont courtes et ramenées à l’essentiel. On est ici pour se moquer gentillement et rire de ces icônes.

On peut reprocher à l’éditeur de l’époque d’avoir saboté le trait de Wood qui travaillait à l’encre et son trait est bien plus fin et profond que ne laisse paraitre cette BD. Cependant il ne faut pas bouder son plaisir.

Wood a collaboré pour toutes les maisons d’édition américaines et son œuvre a laissé beaucoup de traces dans le comics. Ses héritiers sont légion. Et ses "Fées en Folie" montrent sa maitrise totale.

– Mais quel grand garçon tu fais Hansel… Laisse-moi sentir ton muscle…

(Version lue Editions du Fromage – épuisé)

Horny Biker Slut de John Howard

John Howard est un auteur américain.

En bref, Horny Biker Slut comprend les aventures d’une brune sans nom, tatouée entre autres sur la fesse gauche, chevauchant sa Harley et tous les hommes bien montés aux alentours.

Bagarre, mauvais whisky, cuir craquelé sont une partie de l’univers de cette "salope" anonyme. Drôle et irrévérencieux, cet ouvrage est aussi brut de décoffrage et sans concession au bon goût ou à la finesse.

Ici, les femmes dominent le jeu et ont un appétit sexuel délirant tendance dilatation extrême et pénétrations multiples, mâtiné de transsexuels pervers et lesbianisme de secours.

Le dessin au trait grossier très particulier ne ravira pas tout le monde, mais c’est bien l’objectif de John Howard, être outrancier au possible. Certains y verront une surenchère inutile, j’ai personnellement beaucoup ri.

- Ecoute : on a passé les six derniers mois à mastiquer de la chatte comme un bouledogue ! Tu veux qu’on t’aide ? Allonge du mâle !

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage)

Drekbook de Anton Drek

Anton Drek est le pseudonyme de Don Simpson. Sous cette identité, il est un auteur de comics adultes.

En bref, Dredbook est un recueil de l’intégrale des parutions d’Anton Drek, reprenant les titres "Wendy Whitebread, Undercover Slut" et "Forbidden Frankenstein".

En détournant les codes du comics de genre (policier et fantastique), Drek livre des histoires savoureuses et drôles. Les aventures de Wendy, flic en planque qui porte son badge sur le sexe, sont un mélange adroit d’humour et de pornographie. L’histoire n’est qu’un prétexte afin d’amuser le lecteur.

Frankenstein reprend le même principe. La créature a évidemment un sexe énorme qui intéresse toutes les femmes qui la croisent.

Le ton est débridé, la censure est loin. Drek se lâche et c’est un bonheur à lire. Ses couvertures façon comics Old School explicites sont des perles d’humour noyées sous le sperme.

- Par l’anus, c’est presque insoutenable ! Je vais exploser !

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage)

Secret Identity de Craig Yoe

Le titre complet du livre est Secret Identity : The fetish art of Superman’s co-creator Joe Shuster. Craig Yoe est un spécialiste du comics rare ou introuvable.

En bref, Joe Shuster est la personne qui a dessiné Superman dans le tout premier Action Comics en 1938. Au début des années 50, il participe notamment aux "Nights Of Horror", magazine de récits illustrés où les héroïnes étaient maltraitées dans un registre BDSM relativement soft.

Après une introduction très instructive reprenant l’histoire de la création de Superman et les déboires des créateurs du personnage avec DC Comics, on découvre cette partie du travail de Shuster.

Sa patte reste la même, ses personnages aussi. Et c’est brillant de retrouver Lois Lane ou Clark Kent se faire fouetter et d’apprécier pleinement les formes ultra féminines de ces héroïnes.

Au delà de la simple expression graphique, c’est un pan entier de l’histoire du comics entre exploitation des auteurs et censure organisée (le Comics Code Authority) qui est dévoilé au lecteur.

(Version lue en anglais Abrams ComicsArt)

Parle-Moi d’Amour de Robert Crumb et Aline Kominsky

Pilier du comics underground, Crumb se livre beaucoup à travers ses albums sur ses obsessions, son quotidien et ses fantasmes.

En bref, Robert Crumb et sa femme, Aline Kominsky ont écrit à 4 mains les "Dirty Laundry Comics" (linge sale), parus depuis 1974. Chacun des protagonistes dessine son personnage et le décor est, en général, à la charge de Crumb.

Si le ton est plutôt prompt à la dérision et à l’humour, le couple exorcise ses démons en dévoilant son intimité. Véritable thérapie jubilatoire, aucun sujet n’est jugé tabou.

Les styles de Crumb et Aline sont très différents. On pourrait redouter du coup un manque de cohérence, mais ce n’est pas le cas, puisque c’est bien une représentation personnelle qui nous est rendue et l’émotion et/ou état d’esprit passe très bien avec une grande originalité.

Adulte et définitivement mature, la lecture de ce volume des aventures du couple Crumb et Kominsky est plus que recommandée. On envie l’honnêteté et la tendresse dans leur vie de couple.

- T’inquiète pas, j’aime ton corps… Je te garderai rien que pour ce cul !

(Version lue Denoël Graphic)

Dirty Comics (Editions Allia)

Nous avons déjà évoqué les "Dirty Comics" avec le livre Tijuana Bibles.

En bref, en 2 volumes, les Editions Allia proposent une traduction de quelques "Eight pagers". Pour rappel, ces petites BDs étaient composées de 8 pages et une couverture distribuées sous le manteau aux Etats-Unis à partir des années 20.

Quasiment un siècle après leur parution, les Dirty Comics ont perdu leur caractère sulfureux. On retient davantage le côté parodique et la relative niaiserie qui en ressort. Et c’est un plaisir.

On apprécie de pouvoir se confronter à cet érotisme daté et on peut même regretter de ne pas retrouver autant ces cotés paillards et bon enfantin.

Mais le Dirty Comics, c’est aussi un univers sans nom, puisque les auteurs ne signaient jamais leurs œuvres. Par recoupement, certains ont pu être identifiés. Sans volonté de faire de l’art, ce n’était qu’un moyen de vivre pour eux.

On conseillera cette lecture à tout ceux qui souhaitent découvrir l’histoire du genre.

- Merde alors, quelle culasse ! Mais j’ai aucune chance, ma bite est trop petite, j’ai une idée : je vais glisser une bouteille de lait dans mon pantalon pour qu’elle croie que j’assure.

(Version lue Editions Allia – 2 volumes et une intégrale)