Blanche Epiphanie 1 & 2 de Lob et Pichard

Association d’un des plus grands dessinateurs français, Georges Pichard, avec le seul scénariste récompensé à Angoulême, Blanche Epiphanie est un classique de la BD.

En bref, Blanche, une pauvre jeune fille est porteuse de chèques pour un banquier horrible Adolphus qui la harcèle. Débutant dans le Paris fin 19e – début 20e, les aventures de Blanche sont rocambolesques avec ses personnages et ses lieux insolites.

Hommage aux feuilletons populaires, Blanche Epiphanie a tout du récit d’aventures tel que les romans de Dumas ou la série des Fantomas. L’héroïne est sexy et candide, elle a un chevalier servant un tantinet ridicule et ses ennemis sont caricaturaux.

Si le ton est plus sexy et dénudé, on reste dans un érotisme léger et  aventurier, du pulp à la française. Dépaysement, humour et action sont au rendez-vous. Les 2 premiers tomes vous amèneront en Arabie, en Afrique et en Amérique.

A la lecture, on sent la jubilation des auteurs à martyriser Blanche, à la sauver et à la jeter à nouveau dans les griffes d’un nouveau prédateur. Et que dire de Défendar, ce super héros d’opérette maladroit ?

Commencée dans les années 60, la série est un classique, destinée à un public plus adulte, ce qui en faisait un OVNI à l’époque. Et plus de 30 ans après la fin de ses aventures, Blanche Epiphanie reste une lecture fraîche et plaisante.

- A nos amours, Blanche ! Elles seront tumultueuses, je le sens, et ce n’est pas pour me déplaire ! Hin ! Hin !

(Version lue La Musardine)

Sophisticated Ladies de Paula Meadows

Paula Meadows est le pseudonyme de Lynn Paula Russell, artiste multi-casquettes, Actrice X, danseuse, dessinatrice et peintre.

En bref, Paula, jeune artiste-peintre, est engagée par un couple d’aristocrates pour réaliser leur portrait dans l’Angleterre des années 30. Evidemment, les événements ne se passeront pas comme prévu.

Le trait fin de Meadows apporte une atmosphère très intime avec ses tons de gris et les poses de ses personnages provenant directement de séances photo. La dessinatrice se dessine elle-même tout comme Giovanna Casotto en utilisant des miroirs autour de sa table. La réalité se confond ainsi avec le fantasme qu’est la BD.

Très marquée par la fessée et le SM "soft", la BD est assez sophistiquée. On y trouve une atmosphère très particulière qui a un charme fou. Est-ce donc cela la pornographie féminine?

On ne peut que saluer le travail effectué pour cette réédition parce que les planches originales ont tout simplement disparu. Chaque planche a fait l’objet d’un travail de restauration (4 planches sont quand même moins lisibles). Et la préface est assurée par Erich Von Götha, que de grands noms !!!

- C’est la preuve que son cul regorge d’énergie !

(Version lue DYNAMITE Collection Petits Pétards)

L’Amour Propre (ne le reste jamais très longtemps) de Martin Veyron

Martin Veyron est un des auteurs phare des années 80, portés par l’Echo Des Savanes. Toute une époque donc !

En bref, un jeune homme, après une rencontre marquante, se met en quête du point G chez toutes ses partenaires.

Plus qu’une étude anatomique, Veyron pose une époque, des relations humaines et met en lumière une forme de transition entre l’amour physique et la performance sexuelle. On est plongé dans les discussions qui, plus de 20 ans après l’édition, restent d’actualité.

Mais qu’est-ce donc que le point G? Les premières pages situent le dit point et rien de tel qu’une mise en pratique dans les toilettes. Sitôt présenté au Graal, le héros/lecteur y est confronté. Cette rencontre métamorphose sa perception du sexe, plus besoin de "caresses interminables" ou de "limer pendant des heures", une stimulation précise est la clé de l’orgasme !

Apportant un divertissement frais et adulte sans tomber dans le vulgaire, l’Amour Propre est une lecture obligatoire ! Intelligent et abordant plusieurs types de relations (recherche anatomique, cocufiage, et même l’Amour), mais aussi des thèmes nouveaux pour l’époque (le point G, l’éjaculation féminine), la BD apporte des citations pleines d’humour gravées dans ma mémoire.

- La grossiéreté c’est pareil, au bon moment, c’est excitant, au mauvais, c’est la douche ! …

- Même plombées à mort, les cravates de notaire sont inoffensives !

(Version lue Albin Michel / L’Echo Des Savanes)