La Blonde : Coup Double de Franco Saudelli

Franco Saudelli est un dessinateur italien, très proche de Giovanna Casotto.

En bref, la Blonde est une voleuse façon Arsène Lupin moderne, ne servant que ses intérêts et très intéressée par l’argent. Elle entreprend de kidnapper la chimiste responsable d’une recette de biscuits. c’est le début d’une histoire rocambolesque avec course-poursuite et revirements de situations.

Placée dans un univers futuriste avec voitures volantes, etc, l’histoire est un hommage appuyé aux comics du Golden Age. La mise en page et les cadres sont audacieux et dynamiques.

On note l’absence totale d’hommes et le contenu de la BD est orienté sexy bondage. Le lecteur est plongé dans un univers fantasmé avec super vilaine, otages en parfaites victimes et héroïne débrouillarde, sympathique et mystérieuse.

Les références sont très nombreuses et c’est un plaisir de voir des clins d’oeil vers John Willie, les films des années 80 et même Walt Disney. La lecture est donc fortement recommandée !

- Guili… Guili… Guili… Guili… Je veux la formule ! Je la veux ! Je la veux !

(Version lue Dargaud en couleurs, disponible en N&B chez Tabou)

Gwendoline, En Course Pour la Gold Cup et Autres Raretés de John Willie

Delcourt continue à publier les aventures de Gwendoline, déjà évoquées ici pour le premier volume.

En bref, "Gwendoline, En Course pour la Gold Cup" est un recueil comprenant une histoire complète, quelques récits inachevés et surtout une trentaine d’illustrations en couleurs.

Il est malheureux de constater que WIllie a fini peu d’histoire. Si on garde une préférence pour ses dessins plutôt que ses scénarios, connaitre une histoire "de a à z" est toujours plaisant.

"En Course pour la Gold Cup" met en scène Gwendoline, victime idéale, fraîche, candide et pure et U69, une espionne, reine de l’évasion qui n’a rien contre être attachée. Elles vont déjouer les plans de Sire D’Arcy et de sa comparse, la Comtesse, qui veulent rafler l’héritage de la belle.

On retient la force des cases de Willie et ses mises en situations. Les dessins contiennent forcément beaucoup de bondage et de fétichisme (chaussures à talons, bas couture, corsets). La perversité des situations vécues est délicieuse, il y a souvent un second degré aux réflexions avec un trait d’humour de temps en temps. Et tout cela est fait sans situations ouvertement sexuelles.

Un classique de la Bande Dessinée du genre datant des Années 50, c’est assez rare pour foncer dessus et savourer !

- Que dirais-tu de quelques leçons sur les nœuds en attendant?

(Version lue Delcourt Erotix)

Gwendoline, La Princesse Perdue de John Willie

John Willie est le chantre du Bondage. Il a essentiellement publié dans les années 50.

Si, comme moi, vous ne connaissez pas particulièrement le Bondage, à part sa définition (le fait d’entraver quelqu’un pour son plaisir), cette Bande Dessinée est pour vous. Je dois bien avouer que c’est la curiosité qui m’a poussé à le lire.

En bref, Gwendoline se retrouve aux mains de maîtresses dominatrices qui l’attachent, l’habillent et la martyrisent. Ah oui, il y a une histoire, elle est le sosie d’une princesse et doit prendre sa place pour arranger un mariage. Ne cherchez pas, il n’y a pas de fin. Donc l’histoire n’a pas d’intérêt. De la première à la dernière page, Gwendoline ne sera jamais libre.

Par contre, le lecteur est plongé dans un catalogue de positions multiples révélant le jeu dominant-dominé. Chaque cas met en scène une nouvelle position, un nouveau vêtement. John Willie a créé des noeuds, des costumes et des accessoires.  Le style rappelle le burlesque avec ces corsets, son cuir et ses transparences. Mention spéciale pour les bottes et les masques.

La fraîcheur des poses et leur mise en scène qui rappellent les pin ups américaines d’après guerre sont très déroutantes. On croit reconnaître une actrice du Hollywood de l’époque. Betty Page n’est pas loin. On ne sait jamais la part de jeu. Gwendoline subit elle ou apprécie t’elle ce qui lui arrive?

A noter qu’aucun sexe n’est visible, la censure est certainement à blâmer. Mais il n’en reste pas moins l’un des ouvrages les plus troublants que j’ai lus. Il n’y aucun homme non plus. ils ne sont pas nécessaires dans ces jeux BDSM puisque le sexe n’a rien à voir. On ne parle pas de pénétration, pas de caresses et même pas de désir.

Une vision très sadomasochiste qui laisse un goût bizarre et une forte envie d’en voir encore plus.

- Fifi, allez chercher la tenue de velours noir, les menottes, le bâillon et et les souliers à chaines. En attendant, je vais lui attacher les mains.

(version lue Delcourt Erotix)