La Compagne Du Tigre de Hugdebert

Hugdebert est un auteur français essentiellement publié dans le magazine BD Adult’ durant les années 90.

En bref, Li “Chaton de Saule” est une jeune femme vivant dans les mers de Chine vers la fin du 17e siècle. Elle devient pirate comme l’était son père. Pour satisfaire ses ambitions, elle ne recule devant aucun sacrifice.

Avec Hugdebert, on est habitué à ses récits semi-historiques pornographiques. L’entremêlement de scénario avec les scènes s’enchaine plutôt bien. Avec un ton très classique, on en a pour notre argent et Li multiplie les amants, les combats et les mésaventures.

Amateurs d’exotisme, cette BD est pour vous. L’auteur a ses fans, je n’y adhère pas. Ce feuilleton romanesque est un exercice difficile et je n’y ai pas trouvé de crédibilité. Mais c’est dépaysant, simple et direct.

Le trait est maitrisé. Le noir & Blanc aurait pu faire l’objet d’une colorisation, car c’est un peu fade. Mais il faut reconnaitre qu’Hugdebert soigne ses cases (qui sont souvent bien vides chez ses collègues).

- Appliquez-vous un peu, petites putes, au lieu de bavasser !! …

(Version lue Bandes Dessinées pour Adultes)

Curiosités Perverses de Sophie de Erich Von Götha

Erich Von Götha a déjà été évoqué sur ces pages.

En bref, Sophie est une lycéenne anglaise à Londres en 1958. Très prude, elle ne comprend pas qu’on puisse étudier les écrits de Sade à l’école. Sur le chemin du retour, elle se voit confier une mallette au contenu très explicite qui la met dans tous ses émois. Il y a aussi un rendez vous où elle décide finalement d’aller. Dès ce moment, sa vie bascule et elle va découvrir de nouveaux plaisirs.

Von Götha a toujours ce trait et ces couleurs si fascinants.Le style BCBG de Sophie découvrant les joies du sexe et la soumission en font une parfaite machine à fantasmes et fantaisies.

Le récit dans une époque contemporaine permet des jeux plus modernes avec l’apparition de “Glory Holes” (des trous dans des parois laissant dépasser des sexes masculins “à disposition”). Mais certaines choses sont constantes avec Von Götha : une société secrète, élitiste, aux jeux sexuels très poussés et une jeune femme livrée à leurs jeux (pour son plaisir).

La lecture est plus facile qu’un volume de Janice. On reste dans un univers SM relativement léger, où la perversion et la surenchère de participants sont plus mises en avant que la cruauté. Et le fantasme de la fille coincée qui devient insatiable est un thème classique qui a encore de beaux jours devant lui.

- Il y a tant de verges… Ça me fait tourner la tête …

(Version lue BEDE Adult’)

La Punition de Trinca

Une autre BD de Trinca, celle-ci est scénarisée par Tulli.

En bref, une jeune femme se fait surprendre à voler dans un supermarché par les vigiles. Ils lui font subir une fouille très méticuleuse et vont la punir comme elle le mérite.

La couverture annonce le contenu, une belle rousse entravée qui va prendre cher. Passées les 3 premières pages qui posent le scénario, les scènes d’humiliation et de sexe hardcore se succèdent. On a le droit à tout, c’est compris dans le forfait, trio, lesbianisme, fist-fucking, SM tendance bustier, machine à baiser, uro, etc…

Le lecteur sait qu’il a payé pour du porno, il en a pour son argent. Mais que c’est fade ! Il y a peu d’émotions dans cette succession de scènes “animales”.

L’héroïne est humiliée, violée, forcée, mais finira par en redemander. On est dans le cliché machiste à 100 %. Et ce n’est pas le dessin qui vient ravir le lecteur. Celui-ci a peu de caractère et les couleurs sont ignobles.

Il ne reste plus qu’à prendre un peu de recul et rire de cette lecture, qui se veut légère et efficace (quoique j’ai de gros doutes sur ce point).

- Tu t’abreuves à ma source… Tu es une cochonne !

(Version lue Editions IPM)

Hôtel Des Rencontres Sévères de Trinca

Trinca est un des nombreux auteurs qui a publié via BD Adult’.

En bref, un couple très amoureux tombe en panne de voiture près d’un hôtel en rase campagne. Et comme le montre la couverture, c’est pas un lieu où ils vont rigoler.

Dans un style très direct, Trinca est un auteur efficace. Pas de fioritures, ni de début longuet, la première page nous plonge dans la question et les autres laissent peu de trêves. Sans originalité de scénario, on reste dans la veine “BD Adult”, c’est à dire du cul en BD.

On peut se plaindre des grossièretés du dessin, mais le style ne trompe personne, ici on fait pas de l’art. Le lecteur veut du SM, ben voilà, il veut de la scène lesbienne, ok, c’est possible, etc. Tant que ça rentre dans les fantaisies du lecteur, il s’en contentera.

La cruauté des protagonistes est brute et moderne. On est loin d’une autre BD cliché du SM comme le Dressage de Jane, bien que les dialogues soient du même niveau. J’ai ri sur un kaméo dans les premières pages qui m’a fait penser que tout n’était que le rêve de la jeune femme. Mais rien d’autre ne va dans ce sens. Et je vous laisse découvrir qui se cache page 16.

On apprécie le coté direct et franc qui est autant le défaut de la BD. A prendre avec légèreté en tout cas.

- Merveilleux… Je sens ta main enfoncée profondément, Etienne.

(Version Lue Editions IPM en couleurs, mais les seules images disponibles sont N&B)

Le Secret de Tante Pauline de Hugdebert

Hugdebert est un dessinateur Français déjà évoqué ici.

En bref, Pauline est propriétaire d’une grande demeure à la fin du 19e siècle quelque part en France. Pour l’été, elle s’apprête à recevoir 2 nièces. Heureusement le jardinier (entre autres) va leur trouver de quoi s’occuper.

Sur ce scénario de film pornographique ultra classique, Hugdebert fait son job de dessinateur de BD de cul. Le style est propre. Je préfère le Noir et Blanc qu’il utilise que les couleurs des “Fleurs Du Mâle.” Il manque quelques éléments pour rendre la BD intéressante. L’excitation et la passion ne sont pas au rendez-vous. Ah oui, là, les nièces vont se faire plaisir ensemble, ah oui, là il y a un voyeur, ah oui, comme ils y vont…

Il y a cependant de l’ambition. Les références à l’époque, le libertinage, le rendu des tenues sont certainement les vrais points positifs. Et le final du 1er tome sauve le tout, la “Foire Aux Moules” c’est bête, mais plus original que tout le reste.

Le 2e tome n’amène pas beaucoup de changements. Les nièces sont chez elle et Pauline et son peintre-amant reçoivent la visite d’un peintre suédois et de la soeur de Pauline. Celle-ci est un peu coincée. Vous voyez le scénario ou j’en raconte davantage?

Mêmes ingrédients, mêmes manques et rien pour sauver le tout de la platitude, à part une double scène où Hugdebert s’amuse à comparer les 2 couples s’envoyant en l’air.

Un autre point positif tout de même est l’évolution de la psychologie de la sœur acceptant son corps et tout ce qui va avec.

Hugdebert ne surprend pas, la curiosité me poussera certainement à lire ses BD non érotiques pour voir. En BD érotiques, il est moyen. On lui préférera Frollo pour la période fin 19-Début 20e.

Ah au fait, Pauline n’a pas de secret à dévoiler…

- Regarde donc : ça m’a refait bander, cette affaire ! …

- Alors, vas-y ! Mets la moi, bourre moi le con, mon salaud !!

(Version lue BEDE ADULT’)

Le Dressage de Jane par Chris

Chris est le pseudonyme de Xavier Musquera, dessinateur espagnol .

En bref, Jane, orpheline blonde de 17 ans, est servante-soubrette dans un club privé. Son patron tatillon cherche la petite bête pour lui faire subir les pires outrages. Elles est loin de se douter qu’un donjon BDSM l’attend le soir pour satisfaire les demandes des autres membres du club.

Avec un dessin très proche de celui de W.G. Colber (ou Mancini ou Clébor selon le pseudo utilisé), Chris enchaine les scènes de soumission vaguement contrainte. Comme souvent dans les BD de cette époque, le lecteur n’y croit pas du tout et l’anatomie semble une notion oubliée. On peut blâmer la rapidité d’exécution des planches et le travail très alimentaire que ces albums étaient pour leurs auteurs.

Au sommaire, le lecteur aura droit à des scènes SM de pacotille, des dialogues stupides, des dessins approximatifs (mais pas si laids). On aurait tendance à plaindre la pauvre Jane, mais ses tortionnaires ne sont pas si cruels. Le portrait des adeptes du SM n’est pas flatteur, ce sont des vieux ou des grosses. Et que dire de Jane? Ah non elle est prude et chaste, mais au fond elle aime bien qu’on prenne son corps pour un objet. Les féministes doivent se suicider à une telle lecture.

“Le Dressage de Jane” est davantage comique à ses dépends qu’érotique. L’archéologue de la BD érotique appréciera le coté années 80, les autres ne le regarderont pas. Tout cela est bien trop premier degré.

- Tu as mal, hein? Dis-moi que je te fais souffrir…

- Oui Madame… J’ai le cul en feu… Mais j’aime…

(Version lue SM COMIX)

Dialogues de Pierre Louÿs par Jacobsen

On a déjà parlé de Jacobsen pour Le loup et l’Agnelle, ainsi que pour Lou, Taxi de Nuit.

En bref, Jacobsen adapte les “Dialogues de Courtisanes” de Pierre Louÿs, un écrivain et poète du début du 20e siècle.

On a déjà évoqué le goût de Jacobsen pour l’extrême. Donc le choix d’une telle adaptation éveille une curiosité et aussi, on ne le nie pas, cela fait naitre un gros doute. Les dialogues sont très courts, 2 à 3 pages en moyenne. Et dès les premières scènes dévoilées, on sait que Jacobsen a raison, son point de vue fonctionne.

Décrivant le monde des prostituées essentiellement fin 19e-début 20e, on y découvre que les choses n’ont pas évolué. Les propos, les pratiques sont les mêmes. Il y a même une scène de sexe par téléphone ! La touche Jacobsen est certainement sa sélection qui ne fait pas dans la dentelle. Beaucoup de sodomie, un peu d’urologie, 2 histoires très limites quant à l’âge des protagonistes… Mais le tout est délicieusement pervers et outrancier avec une sexualité ouverte et débridée.

Chaque album lu de Jacobsen ne fait que confirmer la qualité de son travail. Foncez dessus !

- Ah Nom de Dieu C’qu’il m’en a pissé dans la bouche !

La BD est disponible ici !

(Version lue Bandes Dessinées Pour Adulte – épuisé)

Cléo et Martine de W.G. Colber

Autre série de Colber, les “Cléo” sont sa série la plus longue couvrant 8 albums (+1 hors série). Ici, c’est le tome 5 dont nous allons parler.

En bref, ce sont les vacances et Cléo rentre chez ses parents à la campagne. Et c’est bien connu, campagnard rime avec dard, le royaume de la lourdeur donc.  Outre sa mère, elle retrouve sa cousine, Martine.

Le lecteur comprend vite qu’il va en avoir pour son argent. Du cul, du cul, du cul! Mais le trait est un peu trop approximatif, on sent le travail vite réalisé. Le scénario est risible, mais c’est presque normal. Ici, on est dans la BD au kilomètre.

On est dans un monde léger, certes. Mais ça ne légitime pas d’exploiter le genre de telle façon. Il n’y a pas une once de sensualité. Le retour à la campagne peut apporter des souvenirs, je ne sais quoi, mais le cliché du paysan labourant la “Jeanine” sur la botte de foin à part faire rire (et encore) est d’un mauvais film porno. Et c’est exactement la meilleure comparaison pour décrire Cléo et plus encore le travail de Colber.

Il y a cependant beaucoup de nostalgiques de cet auteur, certainement marqués par la succession débridée de scènes de sexe complètement ouvertes au plaisir et à la satisfaction animale primaire.

Heureusement, il reste quelques perles de dialogue :

- Elle y allait de son astiquage, faisant monter la sauce… Avant de se pencher sur le problème

“Tu fais bien ça !”

“Je suis une spécialiste, qu’est ce que tu crois.”

- On peut dire que tu connais la musique, et que tu joues bien de la flûte…

(Version lue BD Adult’ – Bandes Dessinées pour Adultes – épuisé)