The Art Of Shintaro Kago

On a parlé de Shintaro Kago pour ses mangas. Il est aussi un grand dessinateur.

Shintaro Kago Art CouvEn bref, Kago est déjà délirant dans ses mangas aux histoires grotesques, crues et particulièrement sanguinolentes. C’est cependant dans ces planches contenues dans ce recueil qu’on y trouve toute la puissance de ses délires.

Avec un trait plein, sans aucune hésitation, et ses couleurs très retravaillées (merci photoshop), Kago montre son esprit visiblement habité de créatures éclatées ne pouvant contenir la furie qui les habite. Les crânes explosent et déversent leur contenu fétide, malade et pervers.

Ses portraits impressionnent par leur vivacité visuelle. L’oeil est sollicité fortement et le regard parcourent les multiples détails dont regorge chaque page.

Les défécations sont nombreuses, drôles et crues, tout comme les boyaux et la chair explosée. Tout y est très organique. On peut trouver l’ensemble trop vulgaire, mais c’est bien des œuvres qui marquent le spectateur.

(Version lue Timeless Edition)

Les Femmes de Milo Manara

Milo Manara est l’auteur le plus cité sur ce blog. Et pour cause, c’est l’auteur le plus connu et certainement le meilleur point d’entrée dans l’univers de la BD érotique.

En bref, cette nouvelle édition des "Femmes" de Milo Manara est une nouvelle occasion pour tout fan de poursuivre son histoire avec l’auteur.

On apprécie la grande variété des dessins compilés. Ici, il n’y a pas de crayonnés mais des dessins, aquarelles et peintures peaufinés.

Manara y dépeint ses femmes en créatures ultra sexuées, désirables et offertes. Chacune est troublante et impudique. On s’étonne du simple pouvoir que donne leur simple corps dévoilé ou leur regard plein de propositions.

On dit souvent que Manara dessine une seule femme ne renouvelant que la coiffure pour varier. Peut être, c’est vraiment subjectif. Que ce soit vrai ou non, c’est tout de même une femme magnifiée, forte, libre, rarement vulgaire et d’une classe indéniable.

Les Femmes de Manara fait écho aux Femmes de Liberatore, pour lequel on a tout de même une nette préférence pour la variété artistique de ce dernier. Ce sera néanmoins un parfait objet pour les collectionneurs et fan de l’artiste.

(Version lue Glénat)

Grossesse Nerveuse de Daisuke Ichiba

Daisuke Ichiba est un illustrateur japonais à l’univers très particulier.

En bref, la collection unique des grands formats United Dead Artists propose cette fois une collection de dessins de cet artiste japonais où nous sommes confrontés à des jeunes femmes dans des situations grotesques.

Souvent parées du fameux costume d’écolière nippon, vêtement porteur de fantasme, elles ont le regard vide et loucheur, comme perdues dans un cauchemar horrible.

Si  le premier contact est rude à cause des éléments sanguinolents, la revisite dévoile des thèmes et des obsessions très particuliers. Les murs et les monstres se couvrent d’yeux vulvaires absurdes. Certains visages n’ont pas de face, mais des vagins dégoulinants et ornés de dents. Les personnages principaux semblent sortis de l’Ero-Guro de Suehiro Maruo ou Saeki Toshio. L’horreur et le bandeau sur l’oeil rappellent la maladie, le malaise, un enfer personnel très chargé de symboles…

Une des forces de Daisuke Ichiba réside dans l’interprétation propre à la personne qui est confrontée à son art. Brutal et sanguinolent pour certains, enfer féminin pour d’autres. On ne peut rester insensible et on est vite fasciné.

( Version lue United Dead Artists)

Onikage de Saeki Toshio

Saeki Toshio est un des maitres de l’Ero-Guro.

En bref, Last Gasp nous permet d’admirer une trentaine de dessins inédits de Saeki Toshio. La particularité marquante du livre reste ces pages de calques permettant de voir comment travaille l’artiste.

L’univers de l’artiste est riche de références. Tout d’abord, on peut évoquer le chambara ou films de samouraï, le voyeurisme, des jeux sexuels étranges, le folklore nippon (Kamis, tengu, démons, etc) et le grotesque.

La mise en scène évoque toujours une histoire, le samouraï interrompant un coït, le vieillard découvrant caché le viol d’une femme par un démon, etc. Sous un air très classique, Saeki Toshio est un digne descendant de la tradition de l’estampe nippone. Les codes de cette culture y sont beaucoup utilisés et vous demanderont un peu de curiosité pour apprécier pleinement les sous entendus de ces œuvres.

A travers de scènes infernales ou sur les tatamis, Saeki Toshio nous dévoile un panthéon de cruauté, de débauche, mais aussi d’amour et de luxure.

(Version lue Last Gasp)

ReBonjour de Roland Topor

Roland Topor était un artiste complet qui a exercé son talent dans quasiment tous les domaines, peintures, romans, dessins, cinéma, télévision, etc. Il est décédé en 1997.

En bref, 30 dessins noirs et blancs vous familiariseront avec l’œuvre graphique de ce grand monsieur.

Le trait noir et épais de l’artiste révèle une poésie et une mise en scène riche et pleine de références. Le grotesque de certaines planches contraste fortement avec la sensibilité évidente du regard.

Comme des gravures, les dessins de Topor nous racontent des histoires et touchent celui qui les regarde, provoquant le simple sourire approbateur, l’interrogation et tout simplement la découverte de la psyché de l’artiste.

On peut constater que les visages des protagonistes, notamment les amants, portent souvent une expression résignée ou triste, voire menaçante. L’origine de ces traits peut être liée à la technique utilisée, mais chacun se fera sa propre opinion.

(Version lue United Dead Artists)

Memory de Milo Manara

Que ça plaise ou non, Milo Manara est l’auteur le plus connu pour ses Bds érotiques.

En bref, Memory est un recueil de dessins réunis en thèmes chers à maestro. Ainsi, on découvre des mises en scènes de personnages historiques ou mythiques, des sites géographiques, ou bien encore la musique et la publicité.

Toujours avec le style qui lui est propre, on ne peut que tomber sous le charme de ses aquarelles et de son goût immodéré pour placer une nymphe aux fesses rebondies et aux courbes affolantes.

Mais c’est aussi l’occasion de le découvrir avec d’autres moyens, notamment dans les quelques pages de carnet de voyage. Bien que la majorité des pages soit des travaux finies, on sent la recherche et une volonté de composer des mises en scène plus élaborées avec une vraie influence de Hugo Pratt.

Memory est intéressant et enthousiasmant, bien qu’inégal. On ne peut que le recommander aux aficionados de l’auteur.

(Version lue Editions Paquet – épuisé)

Callipyge de Namio Harukawa

Namio Harukawa est un artiste japonais ultra-spécialisé.

En bref, Callipyge est un recueil de 32 pages en grand format reprenant une partie du travail de l’artiste. L’obsession de celui-ci pour les femmes fortes (dans tous les sens du terme) s’asseyant sur le visage d’homme constitue le fil rouge de ces œuvres.

Les femmes d’Harukawa sont bourgeoises, policières, infirmières ou en costume traditionnel ou de lycéennes. Elles fument et boivent, mais surtout dominent la gente masculine. Elles semblent le plus souvent froides, vaguement extatiques ou détachées.

Ces maitresses exercent leur autorité soit par bondage, soit en transformant l’homme en mobilier humain. Leurs fesses énormes et rondes, leur poitrine opulente et leurs dimensions dans chaque planche font qu’elles dominent même le spectateur.

Si l’aspect graphique traduit un phantasme et une soumission évidente, on peut y voir aussi un retournement des codes "traditionnels" de la pornographie où la femme est réduite à un objet sexuel et des esclaves.

(Version lue United Dead Artists)

Men Beg de Stu Mead et Frank Gaard

Stu Mead et Frank Gaard sont 2 peintres et illustrateurs.

En bref, Men Beg est un recueil de travaux des 2 artistes très différents dans leur approche, mais jouant tous deux sur la provocation.

Les peintures de Stu Mead sont certainement ce que l’on retient le plus dans ce livre. Ses tableaux comportent essentiellement des jeunes filles en situation incongrue, ce qui choquera beaucoup. Ces nymphes dénudées et sexuées sont en général placées dans un contexte religieux (le Diable est souvent présent). Elles peuvent aussi prendre des poses pornographiques. Et le contraste est fort quand on les retrouve innocentes et pures avec leur petit violon, mais malgré cela elles restent salies.

Le cadre adulte appliqué aux jeunes filles est très perturbant. Une fillette n’a évidemment pas le corps d’une pin-up. C’est donc une œuvre puissante et qui interpelle énormément. A croire que l’innocence n’existe pas.

Frank Gaard, quant à lui, dévoile des œuvres plus proches de l’illustration. Ses personnages au nez proéminent et aux proportions plonge souvent leur regard vers le spectateur. Et ses scènes sont très sexuées avec des exhibitions débridées. Gaard place aussi des pénis un peu partout et détourne ou s’inspire de classiques comme DickTracy (d’où son trait semble s’inspirer).

L’œuvre de ces 2 artistes marque, pousse à la réflexion et vous hantera.

(Version lue Le Dernier Cri)