Hello Anita de Guido Crepax

Dernier volet de la trilogie d’Anita, Crepax dépeint les relations obscures d’Anita avec son téléphone, après avoir traité la télévision et l’informatique.

En bref, Anita est une jeune femme de son époque seule face à la technologie et son imagination. Après une télévision très envahissante, la voici aux prises avec son téléphone. Pour l’aider à résister à ce démon, Valentina fera quelques apparitions.

Le corps longiligne d’Anita est mis a rude épreuve, mais bien pire encore c’est sa santé mentale qui bascule avec l’intrusion du téléphone dans sa vie. Son imagination lui fait rêver de relations avec des étrangers violents, un lézard ou encore un réparateur de téléphone violent, mais surtout avec elle-même.

Anita est une héroïne évoluant dans un monde moderne et plus de 30 ans après sa parution, la trilogie reste d’actualité. L’addiction aux nouvelles technologies aurait pu faire l’objet d’un tome.

Toujours plus sensuel et cérébral que tout autre auteur, Guido Crepax est l’auteur à lire et posséder. Son dessin et ses cases sont parmi les plus belles que l’on puisse voir.

- Maintenant, tu peux dormir tranquille, Anita… Et ne fais plus attention à tout ce qu’on te dit au téléphone !

(Version lue Chefs d’œuvre de la BD Erotique Tome 2 – Rombaldi Editeurs)

Anita En Direct de Guido Crepax

Guido Crepax est l’auteur que je retiens le plus depuis l’ouverture du blog. Son style, sa construction de pages, sa sensualité très cérébrale sont uniques.

En bref, nous retrouvons notre belle héroïne quelques années après "Anita". La situation a évolué. Elle ne subit plus les programmes TV, maintenant elle zappe.

Autant, auparavant, j’évoquais une forte similitude avec Vidédrome, autant c’est très différent. Le discours de la Bande Dessinée est peut être plus dur, la télévision n’étant là que pour apporter du plaisir au spectateur. Chaque personnage issu de la TV caresse Anita, elle est stimulée en permanence que ce soit un joueur de foot, le héros d’un soap, un pilote de F1, Dr Jekyll & Mr. Hyde, etc. La seule agression vient des pubs la harcelant, qui lui piquent le corps, laissent leur empreinte.

Le style de Crepax a évolué pour cet album, le rendant plus fouillis. La construction des pages, l’ordre des cases amène à lire la BD dans tous les sens. Comme Anita se déplaçant sur le sofa, le lecteur bouge la tête et le corps. L’auteur chercherait il à nous faire sentir notre corps, nous rapprocher davantage de son héroïne?

L’ultime Album d’Anita reste troublant, toujours actuel. Il est peut être un peu plus difficile d’approche que le premier. Et une dernière chose, amateurs de pornographie, passez votre chemin!

- Mais il ne s’en va pas ! Je n’arrive pas à changer de chaîne …

(Version lue Albin Michel 1988 – épuisé)

Anita de Guido Crepax

Lire un Crepax, c’est vouloir en lire d’autres, tous les autres. L’intensité dans son dessin est sans égal. Il ne faut pas passer à côté de ce grand artiste.

A l’heure actuelle (Février 2011), peu de ses albums sont disponibles, mais des rééditions sont dans les cartons (notamment chez Delcourt Erotix).  Et Anita sera du lot, j’en suis certain.

En bref, Anita est l’histoire d’une jeune femme et de sa télévision. Très proche de Vidéodrome de David Cronenberg, ces 2 oeuvres sont très similaires dans le thème. Certaines scènes de la BD pourrait sans problème figurer dans le film. Pour information, Anita été publié en 1974 et Vidéodrome n’a été visible qu’en 1982.

Anita s’ennuie devant sa TV quand, dans sa somnolence, une main vient la caresser. C’est le début d’une relation charnelle avec sa TV ou le programme qui passe, la précision n’est pas certaine. Alors que la réalité est brutale avec elle, ses collègues de travail cancanant sans son dos, son amant la quasi violant, la télévision est douce avec Anita. Elle la touche, la fait frémir, la comble. Qui est maître de ce jeu? Autant elle résiste au départ, elle s’abandonne de plus en plus.

L’héroïne est somptueuse. Ses mini-jupes et ses mi bas en laine, entre autres, lui vont à merveille. On retrouve tout de Crepax dans les cases, des corps très articulés, des regards troublants et expressifs et toujours cette façon d’exploser la page. A noter, il insère des pages entièrement gribouillées rappelant le zapping.

Pour ma part, hormis le rapport de la fascination de l’image et de son pouvoir (cf Vidéodrome), l’état dans lequel se trouve Anita devant sa TV est proche de la somnolence due au cannabis. La présence de fumée dans beaucoup de cases me fait penser que je suis loin d’avoir tort. Ca me conforte aussi dans l’acceptation qu’a Anita lors des "contacts".

Une Bande Dessinée magnifique, qui trouble énormément et, malgré ses presque 40 ans, elle reste moderne. Du bonheur en cases!

- Qu’est-ce qu’il y connait, lui, … à la télévision?

(Version lue ALBIN MICHEL -  épuisé)