Le Labyrinthe Des Rasoirs de Jun Hayami

Âmes sensibles, ne vous approchez pas du “Labyrinthe Des Rasoirs”, Jun Hayami va vous faire beaucoup de mal.

En bref, 10 histoires courtes indépendantes sont proposées dans ce recueil mettant en scène des adolescent(es) et des jeunes adultes. Ils sont plongés entre premiers émois, coïts extrêmes et sauvagerie crue.

Chaque histoire est malsaine et le lecteur fera des pauses pour ménager sa santé mentale. La violence et la cruauté sont ici des pires qu’on ait eu l’occasion de lire. Ceci résulte certainement du contraste des psychologies et des situations. Une jeune fille dévouée pourra être amoureuse et vouloir se donner entièrement à son amant pervers, sadique et dépravé.

La force reste que le jugement est entièrement dans l’œil du lecteur. Et on fait presque face à des histoires morales. Avec un dessin simple et dépouillé presque daté, Hayami fait mouche et maitrise parfaitement l’exercice.

Ne reculant devant aucun tabou, le dessinateur va vous perturber, mais aussi vous interpeler. C’est un recueil sans concession qui ne laissera personne indifférent.

- Tu veux vraiment me voir faire caca ? … Junichi, comme tu es pervers !

(Version lue Editions IMHO)

Libido Blues de Marc Chalvin

Marc Chalvin est un illustrateur et un dessinateur français.

En bref, en un ou deux planches, Marc Chalvin dépeint des tranches de vie, des anecdotes et des billets d’humeur autour de la vie de couple et du sexe.

Une quarantaine de gags est au programme. Le dessin n’est pas des plus agréables, mais ce n’est pas le propos ici.

La fantaisie et l’univers de Chalvin sont ceux de tout à chacun et on se retrouvera tous dans ses planches. Oui, cet album vous procurera au moins quelques sourires et vous rappellera vos propres expériences.

Après ça reste un peu pénible et poussif. Il faut reconnaitre que si le propos est mature, il n’y a aucune perversion dans les cases, juste des clichés sur la vie sexuelle de tout adulte “moyen”.

Le dessin pêche tout de même de trop et entrave le plaisir. On est souvent proche du blog BD amateur.

- Et quand il a vu que j’achetais des tampons, il n’a plus osé me regarder !!

(Version lue La Musardine)

L’Antre De La Terreur de Solano Lopez et Ricardo Barreiro

Francisco Solano Lopez est le dessinateur entre autres de Janus Stark et de l’Eternaute. Il est décédé le 12 Août 2011.

En bref, Lilian et Agathe sont 2 orphelines en fuite de leur orphelinat aux coutumes très étranges. Elles sont recueillies par le Dr Jekyll et sa servante dévouée. Les 2 fuyardes vont vite se retrouver séquestrées et droguées par Mr Hyde en vue de perdre leur virginité au cours d’une cérémonie.

Plantant l’action dans le Londres victorien de la fin du 19e siècle, Solano Lopez et Barreiro rassemble tous les personnages et personnalités liées à l’époque. Freud, Stevenson, Conan Doyle sont mêlés à Sherlock Holmes , Jack L’Eventreur, etc.

L’histoire est menée tambour battant. Les scènes de sexe sont souvent sauvages et violentes, l’époque est rude, et on nous le rappelle sans cesse. Le lecteur tremble et frissonne sur le triste sort des orphelines face à la perversité de leurs tortionnaires.

Le dessin sombre de Solano Lopez est somptueux et offre un excellent moment de lecture.

- Seul l’hymen doit être préservé, Terence. D’ici là, nous trouverons d’autres moyens de profiter de ces divines créatures.

(version lue DYNAMITE Collection Outrage)

Haldernablou de Alfred Jarry & Tom de Pékin

Tom De Pékin est un artiste français. Ces champs d’action sont l’illustration et la performance. Alfred Jarry est un poète et dramaturge du 19e siècle, auteur entre autres de “Ubu Roi”.

En bref, Tom de Pékin livre une version de Haldernablou, pièce écrite en 1894, illustrée avec ses thèmes et obsessions.

Le texte est inchangé et l’accord avec les dessins sadomasochistes gay crée un contraste ébouriffant. Chaque personnage porte une cagoule, offrant anonymat mais aussi une violence certaine.

Le livre entier est sous la direction de Tom de Pékin, les textes aussi sont mis en forme.

Mais c’est surtout la rencontre de 2 époques, ainsi que de 2 moyens d’expression. Le dessinateur n’hésite pas à mêler ses personnages à des décors forestiers, des batraciens, des insectes et autres animaux nocturnes ou encore de figures mortelles et menaçantes. Les poses ne laissent que peu de doutes sur les intentions, en raccord avec le texte.

C’est toute une mise en scène et une maquette que nous propose cet ouvrage. Dense et ambitieux, c’est un plaisir de voir un texte classique revisité de la sorte.

(Version lue United Dead Artists)

Bêtes à Bon Dieu de Anne Van Der Linden

Anne Van Der Linden est une peintre française.

En bref, l’art d’Anne van Der Linden est puissant, plein de symboles et pose un regard lourd sur notamment la sexualité, la position de la femme, mais aussi l’homme.

Si chacun de ses tableaux ou dessins est libre d’interprétations personnelles, il renvoie le spectateur à sa propre expérience. Grotesque par moments, la peinture de Van Der Linden ne laisse pas insensible.

Les regards des sujets peints, la mise en scène crue sont autant d’éléments perturbants et preuves des obsessions de l’artiste. Et elles sont nombreuses : sexe, mort, religion, enfantement, rapport hommes/femmes, désir, etc.

Avec un œil sans concession sur le corps et la féminité, Anne Van Der Linden interpelle avec ses figures rondes, presque naïves et pourtant si lourdes et ses compositions animales souvent sauvages et sanglantes.

(Version lue United Dead Artists)

Giovanna ! Ah ! de Giavonna Casotto

Nous avons déjà parlé d’autres albums de Giovanna Casotto ici.

En bref, Giovanna nous emmène à nouveau dans son univers à travers 5 histoires courtes sans lien entre elles, hormis la dessinatrice elle même qui se met en scène (exception faite de la dernière).

Toujours porté par un dessin somptueux et un ombrage délicat, on est vite sous le charme. Délurée et visiblement sans limite, Giovanna se place en fantasme.

Ses courbes sont pleines, rondes et accueillantes. Le goût du détail de la madone de la BD érotique et la mise en scène qui l’accompagne capture le regard du lecteur.

Elle garde sa particularité, presque à contre-courant, qui est d’arborer une pilosité abondante et broussailleuse, mais aussi un penchant très fort sur les dessous et tenues affriolantes.

Les couleurs employées viennent rehausser le dessin ajoutant un piment supplémentaire et un glamour certain avec toutes ces bouches au rouge à lèvres éclatant.

Classique instantané, vous pouvez vous ruer sur chacun des albums de la belle brune italienne !

- Tiens ! Tiens ! Que tu es belle quand tu te donnes ainsi !

(Version lue DYNAMITE collection Canicule)

Hot Charlotte de Cucca, Ecuba et Lauria

Vincenzo Cucca est un dessinateur italien enseignant à Naples. Il s’est associé à Vincenzo Lauria, scénariste, et Ennio Ecubia, scénographe, pour “Hot Charlotte”.

En bref, Charlotte, Aline et Mei Li sont 3 colocatrices aux charmes dévastateurs, tant est si bien que leur appartement brûle. Mais Charlotte se révèle pleine de ressources, elle emmène ses amies dans la villa déserte de son père, riche financier italien. Ce déménagement et cette incendie auront aussi d’autres conséquences.

L’histoire est pleine de citations tournant autour de Marseille (Izzo notamment) ou de références culturelles, essayant de convaincre le lecteur qu’il lit autre chose qu’une histoire de fesses. L’effort est louable, mais ne trompe personne. On est ici pour la plastique des héroïnes déjantées et la note d’humour.

En effet, rien que le personnage de Mei Li apporte une légèreté bien plus proche de ce qu’on pourrait attendre du graphisme, c’est à dire un érotisme soft, mais transpirant de sensualité et décomplexé.

Avec un dessin et des couleurs très modernes, les héroïnes sont charmantes avec des poses suggestives et des nuisettes affriolantes. On est proche d’un manga pour les visages.

Vague histoire policière bâclée et plus ou moins morale avec son lot de “attention aux hommes”, on ne sait pas trop si le tout est vraiment plaisant. Si le dessin vous intéresse, n’hésitez pas.

- Hé ! Je note avec plaisir que la leçon t’a beaucoup plu, Charlie. Hi hi hi ! Mais attention, n’exagère pas avec ce jouet… Et puis les vrais vont arriver, et nombreux !

(Version lue Drugstore)