Mona Street 1 et 2 de Leone Frollo

Nous avions déjà parlé de Frollo pour sa série des “Casino.” C’est la dernière Bande Dessinée parue avant son décès.

En bref, Mona est une jeune femme blonde qui, sous des dehors prudes, cache bien son jeu. C’est une experte des choses de l’amour et elle tient à le partager avec le plus grand nombre.

Bien moins porno que les Casino, la série des Mona street est plus enthousiasmante. En effet, le dessin s’est affiné. Les femmes de Frollo sont très identifiables avec leur regards affutés, leur formes rebondies et leur psychologie volontaire, mutine mais pas saute-au-paf à mort. Frollo place son histoire dans les années 20. L’ambiance début de siècle lui réussit bien.

Le premier tome s’attarde sur Mona et ses amies, son apprentissage au pensionnat, etc. Tous ces lieux sont interdits aux hommes et propres donc à tous les fantasmes. C’est bien ce que réussit Frollo. Il nous offre des situations fantasmées assez fines et ne détaille que des plans saphiques.

Le deuxième tome évoque les aventures vénitiennes de Mona qui y recherche la femme d’un comte, un gondolier et lutte contre une étrange confrérie. Très court, moins inspiré que le premier (à mon avis), il revient vers des histoires à la Casino avec un certain goût pudique, bien intéressant.

Les 2 tomes laissent sur la faim. C’est court, assez affriolant. On en veut davantage !!!

- La première fois qu’on voit une chose pareille, on en sort un peu troublée.

(Version lue Dominique Leroy Editions en ebooks et Delcourt Erotix)

(Juste pour la forme, c’était mes premières lectures sur écran. Rien ne remplacera une BD entre les mains que la souris…)

MAJ (28/04/2011) :

J’ai déniché l’exemplaire papier de Mona Street 2 où 2 histoires supplémentaires et quelques planches sont fournies. On peut découvrir le dessin si fin de Frollo. En terme de plaisir de lecture, il n’y a aucune comparaison possible. De quoi tomber raide dingue de Mona, de ses poses, de ses formes… Un vrai délice pour les yeux que les scans ne rendent absolument pas. Amateurs de femmes rondes, gentiment coquines, avec le style du début du 20e.  Un travail remarquable !!

MAJ 19/12/2011 : Delcourt a sorti une intégrale de très belle facture reprenant toutes les histoires de Mona Street. On s’étonne toujours du trait impeccable de Frollo. Certaines histoires sont sans encrage avec un trait tellement fin.

C’est la version à acheter (et la plus facile à se procurer). Il manque cependant des illustrations disponibles sur la version papier de Mona 2…

On apprécie toujours autant les courbes des femmes de Frollo, envoutantes et pleines de grâces, savoureusement provocantes. Parfait exemple de la BD érotique, c’est un “must have” !

Casino de Leone Frollo

Tout comme dans le cinéma, les italiens ont eu leur âge d’or. Leone Frollo est un de ses artisans de l’exploitation qui, flairant les bonnes affaires, a tour à tour, fait du western, mais aussi de l’érotisme.

En bref, Casino est une série de récits ayant pour cadre une maison close parisienne au début du 20e siècle. On est dans la Belle Epoque, une période fantasmée, dans un cadre propre à évoquer tous les délires. et c’est le cas. Triolisme, domination, scatophilie et même inceste sont évoqués dans une bonne humeur et un grand naturel.

Les récits sont légers et agréables à lire. Certains passages sont même comiques, voire ridicules. Comme quoi, il est possible démanger la comédie et l’érotisme. Il n’y a aucune continuité dans les enchaînements d’histoires. Le lecteur est tantôt placé dans le regard de Madame Georgette, tantôt dans l’oeil d’une petite mouche indiscrète. Le “One Two Two”, le nom de l’établissement, est le lieu de toutes les satisfactions et chaque lecteur y trouvera son compte.

Le dessin est très maîtrisé, bien que classique. On n’est pas loin du fumetti, l’école où Frollo a exercé. Le style de Frollo est reconnaissable, il dévoile sans pudeur tous les excès et actes des clients et la grande conscience professionnelle de ces dames. Un point positif est la variété des femmes présentées, elles sont rondes, fines, blondes, brunes, etc. Elles ont, de plus, leur spécialité et certaines sont étonnantes! 

Cependant, on est dans un genre plus proche de la pornographie bon enfant que dans l’essai érotique. Ici, on aime les situations, on ne magnifie rien, on dévoile, on montre. C’est une véritable succession de scènes qui peut laisser perplexe. Mais le tout reste sympathique, mais peut être un peu réducteur. De là, à voir une ode aux travailleuses du sexe, c’est un pas que je ne fais pas. La situation, le lieu, les personnages sont fantasmés.

Une image d’Epinal d’un lupanar de luxe en gros.

- Rien à faire ! Le seul et unique échec de ma carrière de pute !

(Version lue Delcourt Erotix 3 tomes)

(MAJ 25/01/2012 : à l’occasion de la sortie du 3e volume)

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