Vénus à la Fourrure de Guido Crepax

Guido Crepax, bien connu de ce blog, adapte Léopold Sacher Masoch qui donnera son nom au masochisme.

Crepax Vénus à la Fourrure Couv  DelcourtEn bref, Grégor est majordome de la belle et raffinée Wanda. Mais c’est bien plus qu’une simple relation d’employeur/employé. Grégor est l’esclave de Madame, son jouet sexuel selon des codes bien précis.

Grégor est fasciné, transi pour sa maitresse. Et elle sait parfaitement y faire. Wanda humile régulièrement son majordome à force de coups de cravache, d’exhibitions forcées et de soumissions variées. Le contraste entre la froideur de Wanda et la passion palpable de Grégor est certainement le coeur de l’oeuvre. Mais il faut aussi évoquer l’étrange contrat qui les lie…

A priori, sans avoir lu le livre, Crepax prend quelques libertés et omet plusieurs points. N’attendez donc pas une adaptation fidèle. Cependant, c’est une Bande Dessinée de très grande qualité. Si Histoires d’O et Justine, autres adaptations de Crepax, étaient déjà des histoires de sado-masochisme, "La Vénus à la Fourrure" est bien différent. Dans ces pages, il y a peu d’égarements scénaristiques inutiles. En se concentrant quasi-uniquement sur des scènes sexuelles, Crepax parvient à transmettre les états d’âme des personnages et surtout les rendre crédibles avec une réelle psychologie.

Crepax est un auteur qui a fourni un travail d’une qualité constante, bien largement au-dessus de ses confrères. Foncez vous le procurer !

– Votre insolence est intolérable… Vous serez puni !

(Version lue Albin Michel rééditée par Delcourt Erotix)

Projection Privée de Milo Manara

Les sorties ou rééditions de Milo Manara se suivent encore et encore.

Milo Manara Projection Privée CouvEn bref, "Projection Privée" est la réunion de 2 albums précédemment édités "Candide Caméra" et "Courts Métrages". Donc les histoires courtes proposées ont pour thème l’image, la caméra et le film.

Comme souvent chez Manara, on y retrouve quelques propos sur la société voyeuse et perverse, la télévision abêtissante et des références aux classiques italiens. L’ouvrage est peu porté sur la femme de Manara, quoique quelques planches ou histoires sont assez osées.

Le matériel publié est maintenant daté, on nage en pleines années 80. Et il est difficile de s’enthousiasmer sur ce titre. Le thème du pouvoir de l’image est loin d’être neuf.

Le tout laisse une impression de fourre-tout. On y retrouve aussi un hommage à John Lennon, de la SF et une très belle histoire de diable.

Les collectionneurs peuvent se jeter sur cet album, les autres devraient déjà lire Guiseppe Bergman !

- Vous payerez pour avoir sali notre aventure avec votre pornographie !

(Version lue Glénat)

Casa Howhard 5 de Roberto Baldazzini

Roberto Baldazzini conclue sa série des Casa Howhard avec ce 5e volume.

En bref, Angela prend le train pour se rendre à l’école Casa Howhard. Avec son esprit espiègle et fripon, elle va vite trouver un moyen agréable de tuer le temps du trajet dans le compartiment du train en racontant ses exploits dans sa précédente école.

La recette d’un Casa Howhard reste la même : des femmes dotées de pénis qui jouissent entre elles avec un naturel déconcertant. Bénéficiant d’une ambiance unique, Casa Howhard est la série qu’on adorera ou qui restera complètement obscure.

Avec son petit double aux allures de personnages de manga kawaî, Angela est une héroïne typique de la série, brune, plantureuse et à l’érection facile. Là aussi, elle fera craquer ses congénères.

Tout en étant un vrai plaisir pour les yeux, la série s’arrête laissant ses fans loin de l’univers unique de Baldazzini.

- Pardonne-moi, chère Angela, mais ta simple présence me procure déjà une érection…

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule)

Les Femmes de Milo Manara

Milo Manara est l’auteur le plus cité sur ce blog. Et pour cause, c’est l’auteur le plus connu et certainement le meilleur point d’entrée dans l’univers de la BD érotique.

En bref, cette nouvelle édition des "Femmes" de Milo Manara est une nouvelle occasion pour tout fan de poursuivre son histoire avec l’auteur.

On apprécie la grande variété des dessins compilés. Ici, il n’y a pas de crayonnés mais des dessins, aquarelles et peintures peaufinés.

Manara y dépeint ses femmes en créatures ultra sexuées, désirables et offertes. Chacune est troublante et impudique. On s’étonne du simple pouvoir que donne leur simple corps dévoilé ou leur regard plein de propositions.

On dit souvent que Manara dessine une seule femme ne renouvelant que la coiffure pour varier. Peut être, c’est vraiment subjectif. Que ce soit vrai ou non, c’est tout de même une femme magnifiée, forte, libre, rarement vulgaire et d’une classe indéniable.

Les Femmes de Manara fait écho aux Femmes de Liberatore, pour lequel on a tout de même une nette préférence pour la variété artistique de ce dernier. Ce sera néanmoins un parfait objet pour les collectionneurs et fan de l’artiste.

(Version lue Glénat)

La Belle Eplorée et Autres Histoires de Leone Frollo

Leone Frollo fait partie des grands maîtres de l’Erotisme fait BD.

En bref, "La Belle Eplorée et Autres Histoires" compile toutes (?) les histoires courtes de Frollo révélant l’évolution de son trait, mais surtout l’éventail de ses fantaisies.

En quelques cases, ses femmes vous ensorcellent. Croiser leur regard emporte le lecteur, c’est suffisamment rare pour être souligné.

Si Frollo est plus associé à ses récits de début de 20e siècle avec ses femmes fortes, rondes et affirmées, il n’en reste pas moins un dessinateur de son époque et n’échappe pas aux récits de Science-Fiction ou à l’aventure, voire le récit sans paroles.

La qualité des histoire est variable. Les pages sur Betty Page sont un bien meilleur hommage que celui de Jaap de Boer. Son Venise reste la ville mystérieuse et sensuelle d’amants aux moeurs légères. Peggy reste la secrétaire malhabile de jour, mais la maîtresse sauvage la nuit.

Le contraste du dessin encré et le crayonné dans "La Belle Eplorée" amène une intensité rare dans une scène de bondage puissante et cruelle.

Le recueil est un bel exemple d’érotisme tantôt classieux, tantôt vulgaire et futile surtout dans quelques dialogues.

- Tu frottes ton engin entre mes cuisses pour t’exciter ! Je le sens bien ! Relève-toi, cochon !

(Version lue Delcourt Erotix)

Aventures Mythologiques de Milo Manara

Dernier volume de la réédition des aventures de Guiseppe Bergman dessinées par Milo Manara, Aventures Mythologiques comprend "Revoir Les Etoiles" et "l’Odyssée".

En bref, Manara, sur ces 2 albums, montre ce qu’il inspire. Après l’aventure, Hugo Pratt et l’imaginaire africain et oriental, c’est la peinture classique, la rêverie, le cinéma, mais aussi l’antiquité qu’il nous dévoile.

Certes, c’est sa vision, mais contrairement à d’autres albums, ici, Manara est le maitre qu’on connait. Son style graphique y est à son meilleur et on peut y voir ses recherches de textures dans "Revoir Les étoiles" avec l’aquarelle et son trait noir et fin dans "l’Odyssée". Tout le monde tombe sous le charme. Certes, quelques uns le trouveront pompeux, trop intellectuel et pas assez érotique. Il rappelle néanmoins que la volupté n’est pas que dans l’exposition ou l’outrage sur corps nus.

Guiseppe Bergman est la série à lire de Manara. On retient Le Déclic et Le parfum de l’Invisible pour leur pornochic. Guiseppe Bergman est bien au-delà. Chaque tome est une oeuvre forte qui laisse des traces.

On remercie Drugstore d’avoir réuni des illustrations et des pages censurées en fin de volume pour prolonger la lecture.

A lire, à posséder, la série des Guiseppe Bergman devrait figurer en bonne place dans toute bibliothèque !

- Moi, en tout cas, je reste toujours ici, pour voir les filles toutes nues. Comment est-ce que vous dîtes ? Faites l’amour, pas la guerre. Moi aussi, c’est ce que j’ai toujours pensé.

(Version lue Drugstore)

Valentina Pirate de Guido Crepax

Nous avons déjà parlé de Guido Crepax et aussi de Valentina.

En bref, Valentina finit la lecture d’un conte de Science-Fiction de l’Astronef Pirate à son fils Mattia. Celui-ci en veut davantage, Valentina lui dit que l’histoire continue dans ses rêves.

La saga Valentina est ardu à suivre, même Crepax semble s’y perdre dans l’interview qui précède l’histoire. Mais l’effort est louable pour réussir à comprendre ce personnage.

Toujours avec un sens de la page riche et virevoltant, Crepax met cette fois son récit en couleurs pour ce qui est de la partie racontée. Mais la réalité de Valentina et Mattia, quant à elle, reste en noir et blanc.

Si le rêve poursuite l’histoire de base de l’Astronef Pirate et de son équipage, le rêveur est à chaque fois différent et chacun y met sa touche et sa fantaisie.

Plus sexy et nettement moins coquins que les autres volumes, Valentina Pirate est un très beau classique et les petites histoires suivantes ont un charme indéniable.

(Version lue Dargaud – épuisé)

(Images issues de la version italienne)

Souvenirs de Jeunesse de Giuseppe Manunta

On a déjà parlé de Manunta pour les 5 Sens d’Eros.

En bref, une demi douzaine d’histoires vous replonge dans l’état de adolescents et jeunes adultes. Sans grandes surprises, on retrouve les sorties entre amis, retrouvailles du lycée, confessions intimes et séances de révisions et jeux coquins, etc.

Même si ça semble banal et assez convenu, Manunta a le talent d’injecter dans ses récits une candeur et une fraîcheur rares. Certainement, cet effet est permis grâce aux couleurs pastels utilisés et au trait rond vaguement enfantin, tout en restant réaliste.

Le lecteur y retrouvera ces poussées de désirs quasi-incontrôlables comme le nouveau petit ami tombant sous le charme de la petite sœur. Il y a aussi les plans machiavéliques pour que la jeune femme cède, mais la gent féminine reste toujours la plus forte.

Manunta nous rappelle qu’il est bon de rester curieux et à l’écoute de ses désirs. Ses "souvenirs" y parviennent à merveille.

- Allez, allez ! Tu ne les trouves pas craquants mes petits tétons ?

(Version lue Tabou Editions disponible sur Averotix)