The Art Of Shintaro Kago

On a parlé de Shintaro Kago pour ses mangas. Il est aussi un grand dessinateur.

Shintaro Kago Art CouvEn bref, Kago est déjà délirant dans ses mangas aux histoires grotesques, crues et particulièrement sanguinolentes. C’est cependant dans ces planches contenues dans ce recueil qu’on y trouve toute la puissance de ses délires.

Avec un trait plein, sans aucune hésitation, et ses couleurs très retravaillées (merci photoshop), Kago montre son esprit visiblement habité de créatures éclatées ne pouvant contenir la furie qui les habite. Les crânes explosent et déversent leur contenu fétide, malade et pervers.

Ses portraits impressionnent par leur vivacité visuelle. L’oeil est sollicité fortement et le regard parcourent les multiples détails dont regorge chaque page.

Les défécations sont nombreuses, drôles et crues, tout comme les boyaux et la chair explosée. Tout y est très organique. On peut trouver l’ensemble trop vulgaire, mais c’est bien des œuvres qui marquent le spectateur.

(Version lue Timeless Edition)

Les Bien Aimées de Asaji Muroi

Asaji Muroi est un artiste japonais.

Asaji Muroi Les Bien Aimées CouvEn bref, Timeless propose la premier recueil de cet artiste discret. Asaji Muroi dépeint des femmes japonaises soumises représentées à quatre pattes ou avec un collier.

La symbolique qui s’en dégage est forte. On peut y voir une représentation de la fidélité de la femme pour sa famille ou son mari dans un un schéma de société traditionnelle.

Tous ses dessins ne sont pas sur le même sujet, mais tous confirment sa fascination pour la femme. Les vignettes datées des années 70 sont très inspirées par le bondage ou le SM et ne sont pas sans rappeler Saeki Toshio dans le trait, mais aussi d’autres maitres de l’Ero-Guro.

L’humiliation reste au cœur de son  travail. Et il est étrange de constater les expressions de contentement de ses femmes, heureuses de leurs conditions.

(Version lue Timeless Editions)

Les Femmes de Milo Manara

Milo Manara est l’auteur le plus cité sur ce blog. Et pour cause, c’est l’auteur le plus connu et certainement le meilleur point d’entrée dans l’univers de la BD érotique.

En bref, cette nouvelle édition des "Femmes" de Milo Manara est une nouvelle occasion pour tout fan de poursuivre son histoire avec l’auteur.

On apprécie la grande variété des dessins compilés. Ici, il n’y a pas de crayonnés mais des dessins, aquarelles et peintures peaufinés.

Manara y dépeint ses femmes en créatures ultra sexuées, désirables et offertes. Chacune est troublante et impudique. On s’étonne du simple pouvoir que donne leur simple corps dévoilé ou leur regard plein de propositions.

On dit souvent que Manara dessine une seule femme ne renouvelant que la coiffure pour varier. Peut être, c’est vraiment subjectif. Que ce soit vrai ou non, c’est tout de même une femme magnifiée, forte, libre, rarement vulgaire et d’une classe indéniable.

Les Femmes de Manara fait écho aux Femmes de Liberatore, pour lequel on a tout de même une nette préférence pour la variété artistique de ce dernier. Ce sera néanmoins un parfait objet pour les collectionneurs et fan de l’artiste.

(Version lue Glénat)

Maxi Cula de Namio Harukawa

On avait déjà beaucoup apprécié Callipyge.

En bref, Namio Harkawa est monomaniaque. Il dessine uniquement des femmes aux formes rondes et généreuses assises sur le visage d’hommes malingres.

Si les premières pages provoquent le sourire, on est vite capté par le grain de la peau de ces dames, mais aussi leur regard. La grande qualité du dessin de Harukawa est tout simplement bluffante.

A mi chemin entre la démonstration de domination brutale et une ode à l’anulingus, "Maxi Cula" reprend près de 150 dessins de l’artiste avec des couleurs tendres et douces.

Le portrait de la femme japonaise est ici à l’opposé de la caricature habituelle (notamment dans les fameux hentaï) de femme soumise, victime et brutalisée.

Au final, le recueil est certes très particulier, mais le charme des dessins opère très bien, tout en poussant le spectateur à s’interroger.

(Version lue United Dead Artists)

Horny de Reinhard Scheibner

Reinhard Scheibner est un dessinateur allemand.

En bref, l’univers de Scheibner est composé autour de scènes sexuelles fortes et perturbantes. Très souvent axées autour d’êtres hybrides au corps de femme, mais avec un sexe masculin, les tableaux montrent souvent des hommes soumis, ainsi que de "vraies" femmes passives et observatrices.

Le travesti ou le "she-male" est un thème fort chez Scheibner. On ne sait plus ce qu’on regarde, c’est un nouveau sexe. Complètement impudiques, ces personnages sont nus ou s’exhibent très volontiers. Ils se caressent, dévoilent leur anus ou se font lécher de manière assez vulgaire.

L’ensemble est très sombre. Le sourire des travestis ne suffit pas à détendre le spectateur. On se retrouve comme les hommes dessinés à la merci de ce nouveau sexe impérial et toujours triomphant.

Il en ressort donc beaucoup d’homo-érotisme et d’associations d’images diaboliques, succomber au désir est un péché, comme souvent dans l’érotisme occidental.

Au final, l’univers ultra pornographique de Scheibner est contrasté, oscillant entre trash transexuel et enfer lubrique, mais aussi sexualité "hors-norme" dans un cadre intime.

(Version lue United Dead Artists)

En attendant un éventuel accord de l’artiste pour davantage d’illustrations, vous pouvez retrouver beaucoup d’illustrations du livre sur cette page)

War & Penis de Frédéric Fleury et Johnny Ryan

Frédéric Fleury est le dessinateur du délirant "la Passion du Bois", responsable de FM (Frédéric Magazine) et Johnny Ryan est un dessinateur américain publiant Prison Pit.

En bref, les 2 dessinateurs se sont insultés sur un tumblr pendant des mois et le résultat est WAR & PENIS.

2 versions sont disponibles, la première avec une couverture où le français l’emporte, l’autre pro-américaine.

Les premières pages donnent vite le ton. Si vous ne supportez pas l’humour pipi-caca aux références trash, passez votre chemin. Les autres s’esclafferont devant une telle débauche d’imagination à si mauvais escient.

C’est une "battle" où tous les coups sont permis. Donc la sexualité, l’hygiène, la morale, voire la qualité des parents sont des arguments pour insulter allègrement son adversaire. Les quelques pages évoquant la conception de chacun sont d’un "raffinement" rare!

Un livre bête, sale et méchant, complètement inutile, donc totalement nécessaire !

(Version lue The Milan Review)

Grossesse Nerveuse de Daisuke Ichiba

Daisuke Ichiba est un illustrateur japonais à l’univers très particulier.

En bref, la collection unique des grands formats United Dead Artists propose cette fois une collection de dessins de cet artiste japonais où nous sommes confrontés à des jeunes femmes dans des situations grotesques.

Souvent parées du fameux costume d’écolière nippon, vêtement porteur de fantasme, elles ont le regard vide et loucheur, comme perdues dans un cauchemar horrible.

Si  le premier contact est rude à cause des éléments sanguinolents, la revisite dévoile des thèmes et des obsessions très particuliers. Les murs et les monstres se couvrent d’yeux vulvaires absurdes. Certains visages n’ont pas de face, mais des vagins dégoulinants et ornés de dents. Les personnages principaux semblent sortis de l’Ero-Guro de Suehiro Maruo ou Saeki Toshio. L’horreur et le bandeau sur l’oeil rappellent la maladie, le malaise, un enfer personnel très chargé de symboles…

Une des forces de Daisuke Ichiba réside dans l’interprétation propre à la personne qui est confrontée à son art. Brutal et sanguinolent pour certains, enfer féminin pour d’autres. On ne peut rester insensible et on est vite fasciné.

( Version lue United Dead Artists)

Tom Poulton : The Secret Art Of An English Gentleman

Thomas Leycester Poulton était un illustrateur anglais dont le travail érotique a été découvert post-mortem.

En bref, les dessins contenus dans ce recueil n’ont été dévoilés uniquement lors d’expositions. C’est donc un travail rare auquel nous avons accès.

Les dessins de Poulton sont essentiellement réalisés au crayon. Ils sont réunis en thèmes ; Exhibitionnistes, Lesbiennes, Des jeux de petites filles, Au Campus, Couples, L’Orgie, Doublement Surpris, etc.

Si la majorité des des dessins est au stade de croquis, ceux qui sont achevés montrent un talent d’anatomiste au pair. Si on ignore dans quelle condition il les a réalisés, on peut supposer qu’à l’instar d’Axterdam, il a eu accès à des scènes intimes de "fêtes joyeuses".

Le trait réaliste de Poulton et sa mise en scène remis dans le contexte puritain de l’Angleterre post-1945 auraient choqué l’audience pour son caractère cru.

L’ensemble offre un vrai plaisir, ses crayonnés aux ombres parfaitement maitrisées sont somptueux. C’est un vrai cours de dessin que bon nombre devrait suivre.

(Version lue Taschen)