Twenty (1+2 et 3 et 4) de Erich Von Götha

Après la saga de Janice, Von Götha nous livre son autre série phare, Twenty.

En bref, en 2018, Twenty, jeune blonde de 18 ans, née avec le siècle, rentre à l’internat de Cliffords dont la spécialité est l’éducation sexuelle, dernier souhait de ses parents décédés récemment. L’uniforme ultra court met le diapason de cette école très spéciale, les attraits de ces demoiselles sont dévoilés au moindre geste.

Au cours de 4 tomes, Twenty passera de son école à un statut d’actrice, croira trouver l’amour, mais constamment suivra les préceptes de Sainte-Emmanuelle (oui, on parle bien d’Emmanuelle le livre).

Twenty est un personnage attachant, un brin candide. On la découvre adolescente avec ses illusions et elle expérimente beaucoup de choses au cours de ses récits.

Si Von Götha a toujours une préférence pour le SM, il est ici un peu mis de côté pour des scènes de groupe ou plus moderne avec l’usage des “Glory Holes” et des moments assez uniques dans le genre. Bien que plus marqués par les vidéos X que le film érotique (tel que l’était Janice), les volumes s’enchainent et ravissent l’oeil.

Il faut dire que le trait déjà fin du dessinateur atteint ici des sommets et ses couleurs sont de plus en plus brillantes.

Von Götha place toujours ses récits dans une société huppée et décadente où les plaisirs de la chair sont au sommet de la pyramide et sans limite. Et ici, le futur ne change rien à sa règle.

Un point a attiré mon attention : le style vestimentaire légèrement futuriste et surtout exhibitionniste uniquement féminin. Les femmes se dévoilent, mais les hommes sortent leur attirail. C’est d’ailleurs la même attention qu’il a sur la psychologie de ses personnages. Les femmes sont plus développées que les hommes dont la motivation est unique…

On appréciera le caméo de twenty lisant le 5e tome des aventures de Janice non paru à l’heure actuelle (et peu probable qu’il le soit d’ailleurs).

-Je crois que je vais délicieusement me masturber  en regardant mes exploits…

(Version lue DYNAMITE)

Sabina T1 de Paula Meadows

On a déjà parlé de Paula Meadows pour Sophisticated Ladies.

En bref, Sabina est une jeune et magnifique brune. Partout où elle passe, les hommes ne pensent qu’à la baiser et elle adore ça.

Sur un scénario tenant sur un timbre-poste, Meadows laisse libre cours à ses fantaisies. Sabina est juste l’archétype de la salope magnifique, celle qui couche pour le plaisir et ne refuse aucune sollicitation.

Et tout le monde y a droit, le vendeur de lingerie, l’aristocrate qui l’entretient, les prolos sales, les copines de passage, même l’adolescent de l’écurie, etc. Dans une pornographie plus classique, c’est-à-dire éloignée du SM chic de Sophisticated Ladies,  Sabina n’a peur de rien. Au contraire, si la situation peut être plus épicée, cela lui convient parfaitement.

Toujours avec un dessin et un trait particuliers, l’atmosphère est propice à un érotisme débordant, moite et débridé.

- Oui… Je veux vous avoir tous les trois… Prenez tous mes orifices… Vite…

(Version lue DYNAMITE Collection Petits Pétards)

Curiosités Perverses de Sophie de Erich Von Götha

Erich Von Götha a déjà été évoqué sur ces pages.

En bref, Sophie est une lycéenne anglaise à Londres en 1958. Très prude, elle ne comprend pas qu’on puisse étudier les écrits de Sade à l’école. Sur le chemin du retour, elle se voit confier une mallette au contenu très explicite qui la met dans tous ses émois. Il y a aussi un rendez vous où elle décide finalement d’aller. Dès ce moment, sa vie bascule et elle va découvrir de nouveaux plaisirs.

Von Götha a toujours ce trait et ces couleurs si fascinants.Le style BCBG de Sophie découvrant les joies du sexe et la soumission en font une parfaite machine à fantasmes et fantaisies.

Le récit dans une époque contemporaine permet des jeux plus modernes avec l’apparition de “Glory Holes” (des trous dans des parois laissant dépasser des sexes masculins “à disposition”). Mais certaines choses sont constantes avec Von Götha : une société secrète, élitiste, aux jeux sexuels très poussés et une jeune femme livrée à leurs jeux (pour son plaisir).

La lecture est plus facile qu’un volume de Janice. On reste dans un univers SM relativement léger, où la perversion et la surenchère de participants sont plus mises en avant que la cruauté. Et le fantasme de la fille coincée qui devient insatiable est un thème classique qui a encore de beaux jours devant lui.

- Il y a tant de verges… Ça me fait tourner la tête …

(Version lue BEDE Adult’)

Sophisticated Ladies de Paula Meadows

Paula Meadows est le pseudonyme de Lynn Paula Russell, artiste multi-casquettes, Actrice X, danseuse, dessinatrice et peintre.

En bref, Paula, jeune artiste-peintre, est engagée par un couple d’aristocrates pour réaliser leur portrait dans l’Angleterre des années 30. Evidemment, les événements ne se passeront pas comme prévu.

Le trait fin de Meadows apporte une atmosphère très intime avec ses tons de gris et les poses de ses personnages provenant directement de séances photo. La dessinatrice se dessine elle-même tout comme Giovanna Casotto en utilisant des miroirs autour de sa table. La réalité se confond ainsi avec le fantasme qu’est la BD.

Très marquée par la fessée et le SM “soft”, la BD est assez sophistiquée. On y trouve une atmosphère très particulière qui a un charme fou. Est-ce donc cela la pornographie féminine?

On ne peut que saluer le travail effectué pour cette réédition parce que les planches originales ont tout simplement disparu. Chaque planche a fait l’objet d’un travail de restauration (4 planches sont quand même moins lisibles). Et la préface est assurée par Erich Von Götha, que de grands noms !!!

- C’est la preuve que son cul regorge d’énergie !

(Version lue DYNAMITE Collection Petits Pétards)

Filles Perdues de Melinda Gebbie et Alan Moore

Scénariste star de comics (Promethea, Swamp Thing, etc.), Alan Moore a contribué à ce livre avec sa femme Melinda Gebbie.

En bref, Alice, Wendy et Dorothy, respectivement héroïnes de Alice au pays des Merveilles, Peter Pan et Le Magicien d’Oz, ont bien grandi. La blonde, la brune et la rousse dévoilent leur parcours amoureux de femmes épanouies.

Que sont devenus les tendres portraits de jeunes filles de bonne famille des contes modernes? Moore et Gebbie donnent leur version de l’après conte quand l’âge et les corps sont devenus matures.

Le projet est ambitieux. Malheureusement on s’ennuie ferme devant tant de manières. Si le langage symbolique de Moore s’accorde formidablement dans ses comics, ici, c’est laborieux. Le dessin de Gebbie est tout simplement unique. Son trait est proche de certaines estampes du début du siècle et ses couleurs sont audacieuses, avec l’usage du pastel.

On sent l’influence de Moore dans chaque page et le génie n’est jamais loin. La lecture est exigeante et beaucoup seront aussi perdus que ces filles. (Pardon, c’était facile.)

- Dieu, non! Je suis plus mouillée qu’un pique-nique baptiste !

(Version lue Delcourt)

Le Rêve de Cécile de Erich Von Götha

Ahhhhh ! Erich Von Götha ! Déjà évoqué pour sa principale série des Janice, c’est un auteur qui ne peut laisser indifférent.

En bref, nous faisons connaissance de Cécile, jeune blonde affriolante (très proche graphiquement de Janice). Celle-ci se réveille et se fait violer par 3 gaillards. Sa résistance est presque feinte. Après une incursion dans un monde contemporain. Elle retourne vers une sorte de far West pour à nouveau subir les assauts d’indiens. Le délire est total.

Entre les va et vient dans les époques, le lecteur est décontenancé. On ne comprend pas les liens entre les “séquences”. Du coup, on se concentre sur les scènes très hard, grande spécialité de Von Götha. Celles ci semblent aller crescendo dans la soumission, la perversion et le nombre de ses participants, le tout sans paroles.

Je reste peut-être trop lié à une histoire et le fil de l’histoire n’en est pas un. On est baladé d’époques (le 18e siècle, le présent, le futur) et de lieux. C’est une sorte de recueils de fantaisies sexuelles à base d’exhibitions, de soumission, de sexe de groupe, etc. qui ravira les fans.

Le “Rêve de Cécile” est peut être le lien dans la bibliographie de Von Götha entre “Janice” et “Twenty” (une prochaine lecture).

(Version lue DYNAMITE Editions)

Les Aventures d’une Etudiante Lesbienne de Petra Waldron et Jennifer Finch

Pour la première fois, je n’ai rien trouvé sur les auteurs.

En bref, Petra est étudiante ou plutôt lycéenne anglaise en soquettes, jupes écossaises et chemisier blanc. Ses pulsions adolescentes ne sont pas orientées vers les garçons de son âge, mais vers ses copines de classe et ses préceptrices.

Le titre résume parfaitement ce que je viens de dire. Mais alors qu’on s’attend à une succession de scènes saphiques, la psychologie du personnage s’installe et on finit par se prendre d’affection pour elle. Sa quête du bonheur et de l’équilibre, typique de son âge, est touchante. Oui, elle a une maturité et des envies qu’on pourrait dire qui ne sont pas de son âge. En effet, elle a déjà un gode ceinture, un appétit et une expérience un brin irréelle.

Il faut reconnaitre l’habileté du récit à nous la présenter rêvant sa sexualité et se développant dans la réalité de Petra. Ses fantasmes, puis ses rencontres, sont franches, sans détour, une recherche de plaisir, de satisfaction et de partage.

Le dessin est très particulier. Sans être naïf, il n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas le point fort de cette BD.

La conclusion, certes fleur bleue, est d’un optimisme réjouissant. Pour une fois, la débauche des désirs et leur satisfaction ne rendent pas les personnages égoïstes, mais tout simplement heureux et sereins.

- Elle arrivera peut-être à remettre mon minou dans le droit chemin.

(Version lue DYNAMITE Editions)

Les Malheurs de Janice 3+4 de Erich Von Götha

La suite (et certainement la fin) des aventures de la belle Janice que nous avions évoquées plus tôt. Si vous ne l’avez pas lu, certains détails de l’histoire vont être révélés.

Nous retrouvons Janice à l’enterrement de son cher mari, assassiné par son amant. Elle est maintenant à priori libre du terrible Vauxhall. Mais l’illusion est de courte durée. Vauxhall a un plan…

La première chose qui étonne est l’amélioration graphique, les couleurs et les contours sont fins et plus précis. L’ambiance est renforcée, ce qui fait sans nul doute l’épisode le plus plaisant de la série. La psychologie de Janice s’affirme davantage et renforce la crédibilité du personnage. De même, Vauxhall est plus contrasté. On sent la passion des sentiments qui bouleversent les antagonistes.

La magie est bien différente dans le tome 4. Comme dans beaucoup de séries (Mona Street, Manara, etc.), Janice décide de partir à Venise! Comme c’est original! Alors je ne vais pas vous énumérer tout ce qui arrive à la pauvre en route, mais elle s’égare. Et dans tout ce qu’elle subit (forcément, hein), le lecteur peut atteindre le niveau de nausée. Soyons clairs, c’est le volume le plus trash. Rien ne sera épargné à l’héroïne et on souhaite la fin du volume pour qu’elle puisse se reposer. Bémol supplémentaire, certains costumes paraissent tellement irréels qu’on perd pied dans ce 18e siècle de plus en plus fantoche. Et que dire de la conclusion abrupte?

Au final, la série des Janice est très pornographique, mais présente un certain intérêt, rien que pour le dessin.

- Prends ça, catin! C’est du foutre sacré! Dieu est dans mes couilles !

- “Vois tu, Victoria, il nous faudra retenir cette leçon.”

“Que les Français sont des êtres dépravés. Tu l’ignorais?”

(Version lue DYNAMITE Editions)