Voyage en Profondeurs de Igor & Boccère

On a parlé de Igor & Boccère pour Chambre 121.

Boccère Igor Voyage en Profondeurs CouvEn bref, Vincent est embauché par Linda pour une expérience hors du commun, l’exploration du centre de la Terre. Hommage appuyé aux illustres romans d’anticipation et de science-fiction, "voyage En Profondeurs" est un feuilleton qui vous fera voir du pays, Amazones, Liliput, et bien d’autres.

Si le principe de l’histoire promet moultes aventures, c’est surtout un déluge de scènes de sexe qui attend le lecteur. Les protagonistes sont tous des chauds lapins. On peine à suivre l’histoire qui n’est que prétexte à parties de jambes en l’air. Une chose est certaine, nos héros ont une forme et une libido de classe olympique !

Malheureusement, on perd le fil de la trame principale. C’est un peu regrettable, les références auraient pu amener d’autres situations, disons, plus réfléchies. En tout cas, on peut sentir l’envie de bien faire et l’humour permet aussi de respirer dans ce joyeux "Grand N’importe Quoi" comme le dit si bien l’auteur.

La mise en page est dense, à se demander si cela ne méritait pas une impression plus grande.

Au final, ça peut devenir un plaisir coupable, sympathique.

- Ce… Ce cul est le plus beau jour de mon vit !

- Qu’attends-tu ? Entre, fais comme chez toi.

(Version lue DYNAMITE Editions Collection Outrage)

Exposition de Ignacio Noé

On a a parlé de Noé pour son "Accordeur".

Ignacio Noe Exposition CouvEn bref, Gil Spam est un peintre de Pin-ups célèbre et fait l’objet d’une exposition de ses originaux. Un de ses fans, Martin, fait sa rencontre sur place, mais surtout celle de sa petite fille, Ana, qui fait office d’infirmière et porte parole à l’artiste, diminué après un infarctus. C’est l’occasion de découvrir les toiles du maître.

Gil Spam est évidemment un artiste fictif. Noé rend ici hommage au "good girl art" et aux artistes renommés comme Gil Elvgren. Il en profite aussi pour pimenter le récit en évoquant l’histoire épicée de Ana, mais surtout le "processus " créatif derrière chaque tableau.

On s’amuse à voir la différence entre l’interprétation du spectateur et la vision de l’auteur. Certes, tout y est assez terre à terre, mais terriblement jubilatoire et drôle.

Le trait de Noé est explosif pour la rétine, magnifique sur tous les points et ses couleurs juste parfaites. L’album est tout de même très hard, mais est à recommander à tous pour ses nombreuses qualités.

- Saisi par l’excitation, je lui ai planté une carotte dans le cul.

(Version lue Dynamite Editions collection Canicule)

Insatiable de Douglo

Douglo est le pseudonyme de Horst Dounichdy-Glokken.

Douglo Insatiable couvEn bref, Douglo s’exprime ici en petites histoires indépendantes. Tout d’abord c’est une ménagère au mari pas très subtil qui l’envoie à la gym pour lutter contre ses kilos en trop. Elle préfère la pâtisserie et surtout les pâtissiers. Ensuite, c’est un entretien d’embauche qui finit en débauche (oui, c’est un peu facile). Il y a aussi une comtesse très délurée qui accueille un couple perdu.

L’exercice de style rappelle les histoires courtes  qu’on pouvait trouver dans les magazines de BD porno. Mais ici le style graphique est rude, grossier et criard.

Sans trop savoir si l’objectif est l’humour ou le sexe, le lecteur est un peu décontenancé. Le tout a un caractère certain, mais ne parvient à satisfaire.

- Mais ce n’est pas de l’art ! C’est de la fornication !

(Version lue DYNAMITE Editions collection Petits Pétards)

Une Petite tentation de Jim et Grelin

On a parlé de Jim pour "Les Dessous de la Vie Amoureuse". Portant sur cet album, Jim est au scénario et Grelin est au dessin.

Jim Grelin Une Petite Tentation CouvEn bref, Calista et Anna sont 2 étudiantes fauchées. Calista fait du baby-sitting et squatte chez son frère. Anna, plus délurée, trompe son mec. Un soir, racontant leurs galères, elles se lancent un pari : faire craquer le père du plan baby-sitting et virer sa femme.

On ne peut pas reprocher grand chose à Grelin avec son trait très contemporain très inspiré manga et ses couleurs très "photoshop", si ce n’est peut-être un manque de caractère.

L’histoire est, elle, plutôt convenue. Les petites jeunes qui en  "veulent" mais ne réalisent pas vraiment ce qu’elles font. En se servant de leurs charmes pour séduire le père de famille, elles ne réalisent pas le mal qu’elles peuvent faire. La psychologie des personnages est caricaturale : Calista n’ose pas trop, Anna est "saute-au-paf", le père résiste comme il peut, la mère est en fait une salope et la fille adore sa baby-sitteuse.

On a certes vu des scénarios bien moins surprenants et les filles sont sympathiques. Mais tout est frustrant dans cet album. Les éventuelles scènes chaudes s’arrêtent net et surtout la morale permanente est insupportable. Le lecteur se fait "allumer" et les auteurs semblent lui dire que c’est mal.

Donc non. Dommage, le cocktail aurait pu prendre…

- En ce moment à la fac, y’a les instants tepu par exemple !

(Version lue Vents d’Ouest)

La Grenouille de Jacobsen

Jacobsen est un auteur français mêlant pornographie extrême et humour cinglant.

Jacobsen La Grenouille CouvEn bref, le titre complet est "La Grenouille qui voulait s’ la faire aussi grosse que le taureau", ce qui laisse imaginer le scénario. Une femme se touche en se godant l’anus quand 2 hommes apparaissent et, malgré leurs efforts, ne parviennent pas à la satisfaire. Mais ils lui promettent un sexe encore plus gros pour son anus terriblement demandeur.

Visant l’exubérance et l’efficacité, Jacobsen enchaine les scènes avec un scénario minimal. Digne d’un gonzo, "La Grenouille" propose des scènes uniquement anales extrêmes (madame veut rester vierge pour son mariage) et des dialogues d’une saveur incroyable. Il est difficile de ne pas mourir de rire devant les conversations.

Pour cette première BD, sortie en 1987, l’univers de Jacobsen est déjà posé : du sexe hard et une bonne dose d’humour et de second degré. Certes, ce ne sera pas du goût de tout le monde. C’est néanmoins une œuvre de grande qualité.

Avec une surenchère diabolique de sexes de plus en plus démesurés, les scènes s’enchainent bien avec un style très personnel. Il faut donc lire ou relire "La Grenouille" et pas que pour sa moralité.

- Oohhhh !Quelle magnifique bite !! Je.. Je crois que je l’aime… Allez ! Un petit tour entre mes nichons ! Mmhff… Je peux la téter sans baisser la tête…

- Moi aussi…

(version lue DYNAMITE - disponible sur le site de Xavier Duvet)

Sexy Symphonies de Solano Lopez

Solano Lopez est un dessinateur argentin, auteur entre autres de l’incontournable Eternaute.

Solano Lopez Sexy Symphonies CouvEn bref, 2 lycéennes s’enferment dans les toilettes pour hommes de leur lycée de jeunes filles pour y lire un magazine de BDs pronographiques et s’amuser entre elles. Ici le lecteur lit aussi les histoires.

Disons-le tout de suite, ce n’est pas ce qu’on a lu de meilleur concernant Solano Lopez. Le dessin y est moyen, les couleurs sont limites et les scénarios minimalistes. Pourtant le tout se lit bien et très vite. La raison est simple, peu de dialogues et des cases pas très intéressantes.

Certes, on rentre dans un format magazine. Sexy Symphonies était publié à l’origine pour le magazine espagnol Kiss Comics. Le rythme s’en ressent et le coté potache l’emporte. Ah, le doux pays de la gaudriole où une bite dans une chatte suffit au bonheur du lecteur !

Il en faudrait un peu plus pour satisfaire le lecteur. Mais il est trop rare de profiter des œuvres de Solano Lopez et on ne peut qu’encourager les rééditions !

- Aahhhhh! Impossible d’arrêter de se palucher ! Ces conneries m’excitent à donf’ !

(Version lue DYNAMITE Editions Collection Canicule)

Dodo, Chroniques d’une Maison Close de G. Lévis et Francis Leroi

G. Lévis est l’auteur de Liz & Beth, mais aussi avec Francis Leroi de "Les Perles de l’Amour".

Leroi Levis Dodo chroniques d'une maison close CouvEn bref, durant la Seconde Guerre Mondiale, Julie, jeune adolescente, intègre une maison close de Paris, le "27". Elle découvre les dessous et l’arrière-boutique de ce lieu en tant que soubrette. Mais les temps sont durs et Julie va vite devenir "Dodo", la prostituée.

Glénat réunit les 2 volumes des aventures de Dodo. Le premier volume, "Dodo, 13 ans, en présence de sa tante seulement" est un récit érotique d’initiation avec une certaine classe et une ambiance très sympathique. Le second tome est un récit érotique plus banal, la faute à son cadre moins dramatique, la guerre étant finie.

Si le titre met en avant un certain penchant pédophile, le contenu en est très éloigné. L’objet convoité de ce titre est la virginité de Dodo, la mise en avant d’un âge falsifié (dans cette version tout du moins) n’est qu’un argument pour une certaine clientèle perverse.

L’album est très sympathique dans son ensemble. Le 1er est un délice et le second permet de continuer à être dans l’univers confiné de la maison close. Le dessin de G. Lévis porte l’histoire avec classe et sobriété, les dialogues de Leroi avec leur argot de l’époque donne un cachet certain.

- Ah ! Dodo… Comme une cigarette, tu es fine, propre et blonde… Et je t’allume quand je veux !

(Version lue Glénat)

Vénus à la Fourrure de Guido Crepax

Guido Crepax, bien connu de ce blog, adapte Léopold Sacher Masoch qui donnera son nom au masochisme.

Crepax Vénus à la Fourrure Couv  DelcourtEn bref, Grégor est majordome de la belle et raffinée Wanda. Mais c’est bien plus qu’une simple relation d’employeur/employé. Grégor est l’esclave de Madame, son jouet sexuel selon des codes bien précis.

Grégor est fasciné, transi pour sa maitresse. Et elle sait parfaitement y faire. Wanda humile régulièrement son majordome à force de coups de cravache, d’exhibitions forcées et de soumissions variées. Le contraste entre la froideur de Wanda et la passion palpable de Grégor est certainement le coeur de l’oeuvre. Mais il faut aussi évoquer l’étrange contrat qui les lie…

A priori, sans avoir lu le livre, Crepax prend quelques libertés et omet plusieurs points. N’attendez donc pas une adaptation fidèle. Cependant, c’est une Bande Dessinée de très grande qualité. Si Histoires d’O et Justine, autres adaptations de Crepax, étaient déjà des histoires de sado-masochisme, "La Vénus à la Fourrure" est bien différent. Dans ces pages, il y a peu d’égarements scénaristiques inutiles. En se concentrant quasi-uniquement sur des scènes sexuelles, Crepax parvient à transmettre les états d’âme des personnages et surtout les rendre crédibles avec une réelle psychologie.

Crepax est un auteur qui a fourni un travail d’une qualité constante, bien largement au-dessus de ses confrères. Foncez vous le procurer !

– Votre insolence est intolérable… Vous serez puni !

(Version lue Albin Michel rééditée par Delcourt Erotix)